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proposition des verts Bourgogne pour l’action régionale

dans les domaines de l’agriculture et la forêt

mardi 4 mai 2004

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L’intervention du Conseil Régional dans le domaine de l’agriculture doit être revue. Le budget consacré par la région à l’agriculture est en grande partie consacré au financement de structures (dont l’utilité n’est pas certaine) soit directement soit au travers de pseudo études dont nous ne voyons jamais les conclusions et surtout les applications concrètes. Pour mémoire, la région a financé une étude sur l’influence du trèfle dans la coloration de la viande bovine (sans se poser la question de l’influence de l’éclairage de l’étal du boucher), une autre sur la qualité du chêne utilisé en tonnellerie (pendant 3 ans) qui a conclue qu’il y avait tellement de différence entre deux arbres poussant côte à côte, que l’on ne pouvait dégager une constante sur une zone de production... Le Conseil Régional, tel qu’il est présidé par J.P. Soisson, consacre plus son budget agricole à mener une politique clientéliste qu’à donner des orientations fortes et structurantes. Les aides aux agriculteurs ne sont pas différenciées en fonction des besoins réels.

Aujourd’hui, l’agriculture dans notre région comprend de multiples facettes et la situation des exploitations est très différente d’un bout à l’autre de la région. La seule constante avérée est la diminution du nombre des exploitations (et donc accroissement de la taille des exploitations restantes) et la diminution très rapide de certaines productions animales (laitière, ovine). Les volontés de diversifications vont toujours vers des productions aléatoires qui risquent plus de déstabiliser le "voisin" que d’assurer un meilleur équilibre économique de l’exploitation (porc, poulet...). Enfin, comme partout, il faut avoir en mémoire que l’installation d’un agriculteur (hors GAEC) nécessite un capital très important dont la rentabilité est parfois très faible.

Les grandes lignes d’une politique agricole réelle pour la Bourgogne sont pour les Verts : · Aider l’installation des jeunes agriculteurs et éviter l’hyper concentration La région aide actuellement l’installation des jeunes hors cadre successoral. Cette aide n’est que symbolique ( 7 620€), versée tardivement (plus d’un an), ce qui n’est pas de nature à inciter vraiment l’installation. La Région doit s’engager plus fortement pour aider les jeunes à s’installer, par des garanties et bonifications de prêts. De même, la Région, qui est actionnaire de la SAFER, doit s’impliquer fortement dans cette structure et imposer une politique d’aide à l’installation. · Favoriser les démarches de qualité Aujourd’hui, les démarches de qualités ne sont pas cadrées et l’on voit se mettre en place des actions concurrentielles (et donc non viables) comme les démarches "Charolais Bourgogne" et Charolais Terre Plaine" ou "Panier de Bourgogne" et "Terroir de l’Yonne". Il faut que le mot "Bourgogne" devienne image de qualité et cesser la perte d’énergie dans des démarches infra régionales sans fondement. Parallèlement il faut aider les agriculteurs à s’inscrire dans les démarches de qualité nationales et principalement dans la filière Bio. Enfin, on ne peut imaginer la Bourgogne comme identité de qualité sans déclarer le territoire bourguignon "territoire sans OGM" de quelque nature que ce soit. Si des besoins de production à but thérapeutique apparaissent vraiment, les quantités nécessaires peuvent très bien se produire en milieu confiné.

· Favoriser les démarches collectives Il faut soutenir les CUMA. Aujourd’hui, le soutien est uniquement sur les acquisitions de certains matériels. Il faut élargir le champ de ces acquisitions et inciter également le développement de l’emploi collectif. · Développer la protection de l’environnement. Aujourd’hui l’effort de la région ne s’est porté que sur la mise aux normes des bâtiments d’élevages, effort encadré par des directives nationales et assujetti aux capacités de cofinancement des Agences de Bassin. En dehors de cela, on reste dans l’expérimentation ponctuelle sans vraiment d’ambition. Il faut impérativement passer à la vitesse supérieure et en généralisant sur le territoire bourguignon : la collecte permanente des emballages de produits phytosanitaires, les stations de lavage des pulvérisateurs et leur contrôle annuel, généraliser l’opération "Fertimieux" pour éviter l’épandage excédentaire d’engrais, mise en place de stations de surveillance des insectes nuisibles pour permettre de ne traiter que lorsque c’est nécessaire (et efficace), encourager les pratiques destinées à éviter le lessivage des sols, la sauvegarde des haies,... La promotion de ces pratiques passe également par la mise en place de formations. · Aider sur des critères de besoin La région aujourd’hui, lorsqu’elle aide directement les agriculteurs, le fait sur des critères de surface ou de nombre de bêtes, ce qui ne reflète en rien les difficultés réelles rencontrées. Il faut donc impérativement, dans les cas d’aide directe, prendre en compte également d’autres facteurs, comme le nombre de personnes travaillant sur l’exploitation, le niveau d’endettement, si les terres sont en propriétés ou en location, handicap liés aux terres (zone de montagne, inondable...)... · Aider la vente directe et au développement de circuits courts Les réglementations sont de plus en plus contraignantes en matière d’hygiène et de sécurité. Cela entrave la vente directe (surtout en matière de productions animales), qui est pourtant une source de meilleur revenu pour les producteurs et de promotion de l’agriculture auprès des consommateurs. La région doit donc s’engager dans un programme d’aide à la création ou à la mise aux normes des ateliers d’abattage, de découpe et de transformation. Il faut également inciter à la fourniture des restaurations collectives. · Etudier sérieusement les productions agricoles dans le domaine énergétique Plusieurs pistes sont envisageables, il est nécessaire d’étudier le bilan environnemental et énergétique de chacune. Depuis les chaudières à paille jusqu’à l’huile brute de colza dans certains moteurs diesel, des emplois sont possibles, et c’est la aussi le moyen de faire naître des solidarité de proximité entre paysans et rurbains.

Pour le secteur forestier :

Là aussi, la région ne donne pas d’axes politiques forts et se contente de financer des actions de démonstration ou d’étude. La tendance générale à l’enrésinement des massifs - en dehors de la dégradation des sols et de l’atteinte des paysages occasionnée par ces pratiques - va nous amener à très court terme à une surproduction de résineux (augmentation de 25% en Bourgogne d’ici 2 ans, de 100% au niveau national). On peut s’attendre à un effondrement des cours, un vieillissement excessif et l’absence d’entretien des parcelles...

Nos propositions pour la filière bois sont les suivantes : · N’aider que la plantation de feuillus. · Encourager les pratiques sylvicoles durables et l’éco-certification. (encourager la régénération naturelle, éviter les clonages, ne pas faire de coupes à blanc...) · Mettre en place un plan bocage avec replantation de haies dans le cadre de la mise en valeur d’une "forêt linéaire". · Favoriser l’utilisation du bois dans la construction en mettant des plafonds d’aide supérieurs à ceux pratiqués actuellement et en ouvrant ces aides aux particuliers, mais en privilégiant l’utilisation des bois bourguignons. · Promouvoir l’utilisation du bois "énergie" et aider les installations performantes. · Inciter au remembrement parcellaire, trop de stations sont morcelées (fruit de partages entre héritiers) et les parcelles trop petites sombrent dans l’oubli et l’abandon, car elles sont trop enclavées pour être gérées convenablement. Développer une animation pertinente autour des points précédents, car ce n’est pas tout d’inscrire une ligne budgétaire, cela ne change rien si elle reste confidentielle

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