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Auto et pétrole

Intervention de Philipe Hervieu à la session du 29 octobre 2004 du conseil régional

vendredi 5 novembre 2004

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Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

nous avons demandé l’individualisation des trois dossiers suivants car nous souhaitons nous prononcer contre les subventions proposées, il s’agit :

  • De la subvention de 60 000 Euros proposée pour le bol d’or, ( P 119 et 121 du tome 1) dans le cadre du programme 2.13, Aide à la promotion des activités sportives
  • De la subvention de 6600 Euros (P 30 du tome 2) proposée à l’écurie de course ASM formule 3 dans le cadre du programme 6.11, fonds d’aide au conseil
  • De la subvention de 86 000 Euros proposée pour la société Rimtec qui fabrique des jantes pour les véhicules de compétition (P 71 du tome 2) dans le cadre du programme 6.14 fonds régional de développement des PME.

Je souhaite insister a cette occasion, M. Le Président sur ce que nous considérons être une mauvaise orientation de notre politique régionale en ce qui concerne l’automobile Que ce soit quand nous aidons ce secteur d’activité de l’économie régionale ou que ce soit quand nous assurons la promotion des sports mécaniques.

Sur ce dernier point, quand j’observe les P 119 et 120 du tome 1 et qui concerne l’aide à la promotion des sports, je constate :

  • Qu’un seul dossier représente 78,5% de la somme totale consacrée à la promotion des sports pour cette session
  • Je constate que la moyenne des aides proposées hors bol d’or est de 2736 Euros, à comparer avec celle accordée au bol d’or : 60 000 euros. C’est à dire que si pour cette session nous pourrions aider 28 manifestations alors que nous n’en aidons que 8
  • Je me suis donc intéressé du coup à ce que nous avions décidé depuis notre installation et j’ai constaté sur ce chapitre que si les manifestations sportives soutenues représentent 10% de l’ensemble, en valeur elles représentent 25 % des crédits attribués.

Il est donc clair que nous sommes engagés dans une politique de soutient fort aux sports mécaniques… et je n’introduis pas dans ce calcul les deux millions d’euros accordés au grand prix de Magny Cours.

Alors la question est : Est-ce que cela vaut le coup ?

De mon point de vue, M le Président, non, vous connaissez mon opinion sur ce sujet. Je suis persuadé que les recettes qui ont fait par le passé le succès du domaine de l’automobile ne sont celles de son avenir.

Il est d’autant plus important que nous comprenions bien ceci que nous en faisons un pole structurant de l’activité économique régionale.

Trois causes de rupture sont en vue :

  • La sécurité : On ne peut plus promouvoir la vitesse comme axe de développement de ces moyens de déplacement. Il y a 8OOO morts par an sur les routes et je rappelle au passage qu’un dijonnais de 41 ans s’est tué en revenant du bol d’or, il y a un mois. Ceci n’est plus acceptable.
  • La pollution. Les transports sont responsables de 70 % de l’effet de serre et de son corollaire le changement climatique. Le protocole de Kyoto va être ratifié. Les échanges de droits d’émission de gaz vont démarrer l’an prochain. Ceci impactera fortement les mentalités
  • La hausse prévisible et prévue du prix du baril de pétrole. Je souhaite vous rappelez, Mesdames et Messieurs que lorsque nous sommes entrés dans cet hémicycle il y a 6 mois le cours du baril était à 36 dollars ; il est aujourd’hui à 54 dollars.

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt sur ce sujet si important : Nous ne sommes pas devant un accident conjoncturel mais devant une crise énergétique durable et structurelle. Tout d’abord, même si des controverses existent sur la date exacte du pic de production du pétrole (2008, 2010, 2015), on peut considérer que nous sommes dans ce moment de l’histoire du début de la déplétion de cette source d’énergie. Ensuite les demandes nouvelles de la Chine et de l’Inde notamment sur ce marché nous inscrivent dans un excès structurel de la demande mondiale de pétrole sur l’offre. Et puis je pourrai aussi parler du facteur géopolitique en jeu depuis le 11 septembre 2001.

Bref, la question n’est plus, M le Président quand est-ce que les cours reviendront aux alentour de 30 dollars le baril, mais plutôt quel est le profil futur de la hausse des cours.

En d’autres termes la question n’est pas quand est-ce que les cours redeviendront compatibles avec la politique que nous avions prévu de mener, mais plutôt de combien de temps je dispose pour adapter le plus en douceur possible la Bourgogne aux bouleversements qui s’annoncent.

Ne nous mettons donc pas la tête dans le sable, M. le Président, et regardons bien l’avenir tel qu’il risque fort de se produire et tel qu’il nous oblige à une politique en rupture avec le passé.

La voiture de demain sera qu’on le veuille ou non différente de celle d’aujourd’hui. Elle sera obligatoirement sûre, sobre, très peu polluante, fonctionnant avec plusieurs sources d’énergie. Sa promotion se combinera avec une politique volontaire en faveur des transports en commun. Vous voyez, M le Président ce n’est pas celle que nous subventionnons et promotionnons largement aujourd’hui. C’est pourtant ce que nous devons anticiper.

Pour prévoir l’emploi de demain dans notre région

Philippe Hervieu, Vice président du Conseil régional de Bourgogne, Secrétaire régional des VERTS Bourgogne

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