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Respectons les forêts bourguignonnes

Les milieux naturels forestiers de Bourgogne

Xe Rencontres régionales du Patrimoine Naturel en Bourgogne

vendredi 3 décembre 2004

Intervention en conclusion des rencontres, le 22 septembre 2004 par Alain Cordier, élu Vert, Vice-Président du Conseil Régional de Bourgogne, chargé de l’environnement, de l’énergie, du développement durable.
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L’exigence de la prise en considération de multiples usages de la forêt, et les inévitables conflits qui en résultent, sont une donnée ancienne en Bourgogne. Pâtures en forêt, ramassage de bois de chauffage, plus ou moins autorisé, chasse seigneuriale : tels étaient les motifs des conflits d’autrefois, qui occupent des milliers de pages d’archives judiciaires.

Les rencontres organisées aujourd’hui montrent la qualité du dialogue entre les différents acteurs, même si, au delà des discours convenus sur le nécessaire respect de l’environnement, des problèmes aigus subsistent. Bien entendu, il faut concilier au mieux, chacun en convient, sur une grande partie de nos forêts, les aspects économiques, sociaux, et environnementaux, les trois piliers en somme de ce développement durable que la Région inscrira fortement dans ses principes d’action dès le prochain Budget régional, en 2005.

Conforter la filière bois

Le Conseil régional veillera à conforter la filière bois qui emploie dans la région près de 20 000 personnes. Le dispositif de soutien est en place depuis des années ; il reste sur plusieurs points à « passer à la vitesse supérieure ». Outre les usages traditionnels du bois, il existe des possibilités de développement :

  • du bois énergie : même si le plan bois soutenu par le Conseil régional fonctionne bien, et depuis longtemps, notre région n’a vu s’installer que quelques centaines de chaufferies au bois. Avec une superficie forestière double de celle de la Bourgogne, l’Autriche en possède 8000 : on mesure avec cet exemple les immenses possibilités de développement de ce mode de chauffage utilisant parfois des déchets bois, intéressant à tous points de vue. Le Conseil régional lancera dès 2005 un nouveau programme de développement des énergies renouvelables (et de la maîtrise des dépenses énergétiques) qui fera une part belle au bois.
  • de l’utilisation de structures bois dans les bâtiments. Seule la routine et le manque d’information expliquent le faible pourcentage de constructions nouvelles utilisant cette technique, compatible avec des réalisations HQE (haute qualité environnementale) que là encore, très concrètement, la Région aidera à se développer.

Préserver l’environnement

La gestion des forêts doit contribuer à la protection de la ressource en eau, à la protection des sols, parce que ces objectifs d’intérêt général nécessitent la collaboration de tous. La directive cadre européenne sur l’eau fixe pour la première fois des objectifs de résultats à atteindre en 2015 pour la qualité des eaux de surfaces et des nappes phréatiques. Le Conseil régional fera tout ce qui est de son ressort dans ses différentes politiques pour préserver l’eau, cette ressource essentielle à la vie. La forêt doit elle aussi contribuer à cet effort régional d’ampleur pour regagner une bonne qualité de l’eau, et, en passant, pour éviter une entorse de plus de la France aux directives européennes en matière d’environnement.

Le document très synthétique appelé « profil environnemental régional de Bourgogne » annexé au document unique de programmation européen (DOCUP) évoque l’accélération de l’acidification des sols sensibles par modification du couvert végétal, citant bien entendu l’enrésinement. Celui ci ne doit plus progresser. La « gestion écologique » des forêts, n’a d’ailleurs pas qu’un intérêt pour notre environnement, elle est aussi devenue un argument de vente, une exigence de la distribution, à l’échelle mondiale. De nombreux bois tropicaux affichent un label relatif à la protection de l’environnement, et la seule mention d’une certification ou d’un label ne doit pas émousser le sens critique : il y a derrière ces affichages de très bonnes pratiques, des moins bonnes, et des désastres camouflés. Le Conseil régional agira dans la concertation pour améliorer ses interventions dans le sens du développement durable. D’ores et déjà, le contrat de plan 2000-2006 prévoit que le financement des repeuplements se fera prioritairement sur les essences variées ainsi que sur les futaies irrégulières.

Forêt et qualité de la vie

Randonneurs, scientifiques, familles à la recherche de calme et d’espace, sportifs, cavaliers… nous sommes nombreux à apprécier ces paysages et ces espaces de liberté que donne la forêt. Cette contribution des milieux forestiers à la qualité de la vie des bourguignons se double d’un intérêt économique évident. Le tourisme, souvent qualifié de premier employeur dans la région, l’attractivité de la Bourgogne, son image globale, ont besoin de belles forêts et de paysages préservés. Il faut permettre un maximum d’usages libres et non polluants de la forêt, il faut être tolérant et rechercher concertation et compromis, mais l’expérience montre que certains usages ne gênent personne, alors que d’autres privent de liberté tous les autres. Une association scientifique en balade d’étude, un groupe de cavaliers, n’empêchent pas d’autres activités, mais évitons le développement des grandes chasses avec ces avis menaçants placardés sur les chemins : « attention tir à balles », évitons l’envahissement vrombissant des sports mécaniques au coeur des massifs forestiers.

Milieux naturels et biodiversité

Longuement évoquée au cours de ces rencontres, la protection de la biodiversité est une priorité du Conseil régional. Il faut saluer ici le rôle des associations de défense de l’environnement qui nous alertent depuis trois décennies sur la fragilité des milieux naturels forestiers. Il est dans l’intention de Conseil régional d’aider ces acteurs précieux de nos débats sur la forêt à remplir un rôle désormais entériné par plusieurs textes législatifs. Parmi ces associations, le Conservatoire des sites naturels bourguignons joue un rôle capital pour la préservation et la gestion de nos sites les plus précieux.

Outre l’exigence désormais reconnue d’une gestion écologique des forêts exploitées, il faudra bien étendre les réserves biologiques forestières qui permettent de laisser repartir une flore et une faune riche, différente de celle des forêts « cultivées ». L’INRA a étudié ce cortège d’espèces végétales de sous-bois, dites « espèces de forêts anciennes », spécifiquement liées à la continuité de l’état boisé, sans coupe, sur de longues périodes. Faut-il ici encore pour être crédible évoquer les aspects économiques liés à la biodiversité ?

Il nous faudra dans le débat, dans la recherche d’accords qui ne signifie pas la négation des contradictions et des conflits potentiels, retrouver ce respect absolu des ressources naturelles, donc de la forêt. Nos lointains ancêtres sacralisaient la terre, la forêt, les sources et les rivières… Soyons résolument actuels, résolument modernes, résolument responsables en les rejoignant sur ce point.

Alain Cordier

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