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Le Développement durable, parlons-en…

jeudi 16 décembre 2004

Reconnus par tous, les principes du développement durable peinent à être appliqués et diffusés dans notre pays. Les élus Verts y travaillent…
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Le développement durable en questions

  • Comment est né le concept ? Les préoccupations liées aux conséquences des activités humaines sur l’environnement ont pris, il y a une quarantaine d’années, un tournant décisif lorsqu’on a pris conscience de l’ampleur des dégradations. Croissance des inégalités, réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles, menaces sur la santé… Des experts ont alors inviter à penser et agir autrement. L’idée de développement durable a été popularisée en 1988, avec le rapport Notre avenir à tous, rédigé par Mme Bruntland, présidente de la commission mondiale des Nations Unies sur l’environnement et le développement.
  • Quels en sont les principes ? Fournir à tous les moyens de vivre sans épuiser les ressources de la planète ni compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins. C’est une prise de conscience sur les effets néfastes d’un développement économique qui met en péril les grands équilibres de la planète. La sauvegarde de l’environnement doit orienter tous les choix politiques. Il s’agit aussi de promouvoir la démocratie participative et l’équité sociale. Le développement durable dépasse donc une approche strictement environnementale : c’est l’être humain et son devenir qui sont au cœur du projet.
  • Qu’en est-il des applications ? L’Europe s’est emparée du concept, cité dans nombre de directives. Mais la loi ne suffit pas à assurer le changement. En août 2004, Bruxelles, dans son rapport sur le respect de la législation, pointe 38 carences pour la France « dans les secteurs de l’eau, des déchets, de la protection de la nature et des évaluations des incidences sur l’environnement. »
  • Et la Région dans tout ça ? Prendre en compte la nécessité de préserver nos ressources, de développer des politiques alternatives, d’agir pour plus de démocratie et de justice sociale : c’est tout cela qui nous guide dans les actions concrètes que nous menons au quotidien. La majorité nouvelle a pris des engagements forts. Reste à se donner les moyens de les appliquer. Le développement durable est bien l’affaire de tous, et c’est l’ensemble des politiques qui doit s’en inspirer.

Comment nos élus envisagent-ils le développement durable dans leurs attributions ?

Alain Cordier, vice président au Développement Durable, à l’Environnement, et à l’énergie : « la région, un maillon essentiel pour promouvoir le développement durable et encourager les initiatives » « Plusieurs exemples ont déjà montré que des actions innovantes permettaient d’obtenir des résultats visibles au niveau local : la région est bien un maillon essentiel pour soutenir une politique de développement durable. Pour ce qui est de l’environnement, mon engagement pour la défense du patrimoine naturel - riche, varié mais aussi menacé- est des plus forts. J’affirme que la protection, la mise en valeur et la gestion des espaces naturels remarquables sont essentiels à la qualité de vie et à l’attractivité de la Bourgogne. La défense de notre ressource en eau, qui va de paire avec le traitement des sites pollués, est un autre challenge que nous allons relever, entre autres grâce à une présence forte des Verts aux comités de bassin. La promotion des énergies renouvelables et la maîtrise de la consommation passeront par le biais d’une communication accessible et d’aides financières incitatives : je pense notamment au développement du solaire thermique chez les particuliers, avec pour objectif le doublement de la surface des capteurs d’ici 2005. En bref, je ne manque pas de travail ! Mais je garde à l’esprit ce beau défi à relever qui est celui d’assurer la pérennité des activités, la protection des milieux et du vivant, l’épanouissement et l’équité sociale, avec la pleine participation des Bourguignons. »

Stéphanie Modde, membre de la commission apprentissage, formation professionnelle et Insertion. « Répondre à l’urgence sociale et écologique, promouvoir de nouvelles formations et conditionner les aides en conséquences. » « Je compte engager mon action en suivant trois grands axes. Le premier est celui d’un fort engagement social : offrir, à tous, les moyens de devenir- et de rester- un professionnel reconnu grâce à des formations de qualité. C’est aussi accorder une attention particulière à celles et ceux qui se trouvent en situation de fragilité. Veiller à l’enseignement des savoirs fondamentaux, préalables incontournables à toute formation professionnelle ; en défendre le droit et en favoriser l’accès. L’urgence écologique impose de se donner les moyens d’une véritable éducation à l’environnement en Bourgogne, et ce, à tous les âges. L’acquisition de connaissances de base doit se doubler de formations à part entière que je souhaite encourager et développer : celles qui sont liées à l’environnement ou à l’agriculture bio, aux énergies propres, à la Haute Qualité Environnementale (HQE) dans le bâtiment. L’axe économique, enfin, se poursuit dans la lutte contre la déqualification. La Région doit soutenir les entreprises qui aident au développement des compétences de leurs salariés et conditionner les aides en conséquence.

Philippe Hervieu, vice président en charge de l’Economie Sociale et Solidaire, de la Solidarité et de l’Insertion professionnelle. « Une nouvelle façon de produire et de travailler durablement » « L’économie sociale et solidaire a, pour moi, vocation à remplacer l’économie marchande ; ce n’est d’ailleurs pas un vœu pieu mais une nécessité. Une nécessité sociale : on voit bien que l’économie de marché est de plus en plus une économie de l’exclusion. Elle intègre de moins en moins et détruit de plus en plus : les pauvres, les handicapés, les jeunes comme les moins jeunes (en rappelant qu’aujourd’hui, dans beaucoup d’entreprises, on est vieux à partir de 50 ans !), les femmes, les immigrés… Une nécessité environnementale : pollutions, pillage des ressources naturelles, épuisement des énergies fossiles et autres vont nous inciter - de gré ou de force - à produire et consommer autrement. L’économie sociale et solidaire se propose de remettre l’économie au service de tous et de produire sans détruire la planète. Ce n’est ni plus ni moins qu’une façon nouvelle de travailler ensemble, durablement. »

Wilfrid Séjeau, membre des commissions Finances et Appel d’offres « Les commandes des collectivités : un levier pour le développement durable » « Le nouveau code des marchés publics a permis une petite révolution ! Les collectivités ne sont plus tenues de retenir une offre (services, biens consommables ou construction immobilière) seulement parce qu’elle est la moins chère. Désormais, l’acheteur public peut retenir un produit parce qu’il répond à des exigences environnementales ou sociales précises, même s’il est plus cher à l’achat. Ma volonté, et celle de la commission d’appel d’offres, est d’influer sur les acteurs économiques afin que leurs activités aillent vers un respect de l’homme et de son environnement. La commande des collectivités est à ce titre un levier efficace : en 2003, les achats publics représentaient en France un marché équivalent à 19 % du Produit Intérieur Brut ! Membre de la commission Finances, j’agis aussi pour que la gestion de la Région ne génère pas des charges insupportables, par un endettement fort, pour nous comme pour les générations futures. Pour autant, nous avons des missions fortes à assumer. Il s’agit donc de lutter contre la démagogie du « toujours moins d’impôts » tout en défendant une gestion rigoureuse de l’argent public. »

Marie Claude Colin, membre de la commission Lycées « Elus, enseignants et lycéens : le développement durable est une notion qui se conjugue à plusieurs » « En charge des lycées et garante de la qualité de vie de tous les acteurs scolaires, la Région doit concevoir une vraie stratégie de développement durable pour les constructions comme pour les rénovations. Financeur et maître d’œuvre, elle peut introduire dans le cahier des charges la Haute Qualité Environnementale (HQE) pour les bâtiments, les énergies renouvelables pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire ou encore une nourriture de qualité pour les cantines… De son côté, la communauté scolaire, monde vivant et brasseur d’idées, en contact avec la réalité, peut monter des projets de lutte contre le gaspillage, de maîtrise de l’énergie. Pourquoi ne pas travailler avec les collectivités locales ou les entreprises d’insertion sur, par exemple, la récupération des déchets (papier, cartouches ou autres). Je serai là pour soutenir ces idées et aider à les concrétiser. Le développement durable se conjugue dans ces deux sens : aux élus d’assumer le choix politique de sa mise en œuvre et les moyens nécessaires, mais à tous de s’en emparer ! »

Bernard Pesquet, président de la commission transports ferroviaire « Promouvoir le train et concurrencer la voiture ! » « Siéger à la commission des transports ferroviaires c’est, pour un élu Vert, forcément œuvrer pour un développement durable. Il s’agit d’offrir au plus grand nombre des moyens de transports de qualité, confortables, réguliers, avec des horaires adaptés… et de les coordonner entre eux ! Les actions s’engagent et des chantiers s’ouvrent. Je pense à des dossiers généraux comme la simplification et l’unification de la billettique afin de combiner plusieurs modes de transports. Il faut veiller à la gestion du matériel roulant, moderniser le parc existant et passer des commandes nouvelles qui répondent à des critères environnementaux. J’insisterai aussi sur la mise en place d’un tarif "social" pour les demandeurs d’emploi. Mais c’est aussi la gestion de cas précis comme celui de ces 3 000 habitants de l’Yonne qui travaillent chaque jour à Paris. Trouvons un accord avec l’Ile de France qui leur permettra de payer moins cher leur billet ! Nous sommes face à un territoire aux lignes fluctuantes et dont les besoins évoluent : il faut trouver l’équilibre entre individuel et collectif, rendre le train attractif et concurrencer la voiture. »

Le bilan à la Région après six mois

Les changements déjà perceptibles aussi bien sur le terrain que dans le fonctionnement interne du Conseil, sont encourageants. Alors, le développement durable…un vœu pieux ? Une nouvelle utopie d’écolo ? Les échos positifs entendus sur le terrain et auprès des services administratifs de la Région tendent à prouver que le développement durable a un avenir en Bourgogne. A l’institution d’encourager les initiatives, à la nouvelle majorité de les soutenir ; aux Verts d’innover et de veiller au respect des engagements qui ont été pris pendant la campagne.

Parmi les dernières réalisations :

  • Environnement : le plan d’aide à la replantation du bocage qui a reçu un écho national, la nouvelle politique « sites et sols pollués ».
  • Commande publique : achat de « green pc » à la Région, ordinateurs composés de matériaux recyclables et consommant moins d’énergie. Fonctionnement interne : un chargé de mission, Dominique MARIE, qui se chargera de travailler avec tous les services de la Région pour la prise en compte du développement durable.
  • Démocratie participative : développement des comités de lignes pour les usagers des transports en commun et consultations publiques dans les départements.
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