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La relance du programme nucléaire français se dope à l’EPR

dimanche 12 décembre 2004

EPR : trois initiales qui cachent ni plus ni moins que la relance du nucléaire en France. Récemment, c’est le site normand de Flammanville qui a été désigné pour inaugurer la première centrale de ce type mais, plusieurs régions se sont prononcées contre l’implantation d’un réacteur. Les élus Verts bourguignons ont également soulevé la question au sein du Conseil régional, ouvrant ainsi le débat sur l’avenir de notre politique énergétique.
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Si l’Allemagne et la Belgique ont choisi d’emprunter la voie de la sortie du nucléaire, la France replonge tête baissée dans le bain atomique ! Le 1er juin 2004, a été adoptée la Loi d’orientation sur l’énergie présentée par le Ministre de l’économie Nicolas Sarkozy. Ce dernier s’est prononcé clairement pour la relance du programme nucléaire civil français. EDF est encouragée à mettre en place un nouveau chantier d’ici 2007, avec une mise en service prévue pour 2012. Elle compte s’appuyer sur un programme de lancement de réacteurs baptisés EPR.

EPR : Pedigree d’un projet déjà (r)éprouvé. EPR… ça veut dire quoi, au fait ? EPR pour « European Pressurized Reactor » ou « réacteur européen à eau pressurisée ». Il est le fruit d’une coopération lancée au début des années 1990, dans la continuité des travaux de Siemens et Areva. L’EPR est destiné à remplacer nos réacteurs actuels en fin de vie. Il vise à la fois les marchés intérieurs européens et l’export, avec des vues sur les marchés américains, chinois ou japonais.

Ce projet annoncé bien vite comme révolutionnaire ne fait que reprendre, en l’améliorant, une technique déjà ancienne. Plus de 200 réacteurs fonctionnent déjà suivant ce principe ! Qualifié abusivement de nucléaire « troisième génération, sûr, économique et… écologique », l’EPR n’apporte pourtant aucune réponse aux impératifs du développement durable.

Si les risques d’accident sont relégués à une probabilité mathématiquement… « résiduelle », le système de protection, qui raisonne par rapport à des dangers de type Tchernobyl, ne prend pas en compte des risques éventuels comme celui de l’impact d’un avion de ligne.

Le coût d’installation d’un réacteur EPR est deux fois plus élevé que ses prédécesseurs, soit 3 milliards d’euros par pièce ! C’est un projet de dix réacteurs de ce type qui pourrait voir le jour en France avant 2015, pour un coût total estimé entre 25 à 30 Milliards d’euros. Autre imposture : la volonté d’afficher l’EPR comme « écologiquement » correct, c’est-à-dire inépuisable et sans impact sur l’effet de serre (contrairement aux énergies fossiles comme le gaz et le pétrole). Le prétexte du nucléaire pour sauver la planète de ses émissions de gaz reviendrait à mettre en œuvre un programme irréalisable (des milliers de nouvelles centrales pour plusieurs dizaines de milliards d’euros) et dangereux, avec une hausse de la prolifération nucléaire et des risques d’accidents. Le problème des déchets ne trouve toujours pas de solution. Sortir du nucléaire : un tournant à prendre dès maintenant ! En misant sur l’EPR, la France prend du retard dans le développement des énergies renouvelables. Le parc nucléaire français était arrivé à la moitié de sa durée de vie ; la mise hors service de certains réacteurs se profilaient : une chance que nous aurions pu saisir pour changer de cap plus facilement. La précipitation et le passage en force du gouvernement en ont décidé autrement, après une consultation publique bidon ! Cette loi sur l’orientation nucléaire engage pourtant notre pays pour plusieurs décennies, sans parler de déchets présents pour des millénaires. Où en sont les grands discours et les bonnes intentions sur le développement durable ?

Pourtant, à investissement égal, un programme éolien fournirait à plein régime près de deux fois plus de courant que le réacteur nucléaire et engendrerait plus d’emplois, au niveau local.

Nous devons fixer des objectifs en matière de réduction de la consommation d’énergie, favoriser les énergies nouvelles et proposer une politique de maîtrise de l’énergie par secteur (le bâtiment, les entreprises et les transports.) C’est là qu’il y a urgence !

Le 29 octobre 2004, les élus Verts ont présenté le vœu suivant…

« …Le conseil régional de Bourgogne, Considérant que ce nouveau projet [ EPR] : « Va à l’encontre de la mise en œuvre d’un plan d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables en absorbant la plus grande partie des crédits de recherche dans ces domaines. […] « Va à l’encontre du principe de développement durable mis en oeuvre en Bourgogne […] « Le Conseil Régional de Bourgogne : « Demande au gouvernement de soutenir le développement des énergies renouvelables et les actions de maîtrise de l’énergie. « Affirme sa volonté politique de développer fortement ces actions dans la Région Bourgogne « Affirme son refus de toute installation de tout réacteur nucléaire, y compris EPR, sur son territoire.

Les résultats : Contrairement à sa position nationale contre l’EPR, exprimée lors des débats à l’Assemblée nationale, le groupe socialiste du conseil régional de Bourgogne s’est ici abstenu. Le voeu a donc été rejeté.

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