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Entretien avec Philippe Hervieu

« Pour une économie au service de l’homme »

dimanche 12 décembre 2004

Philippe Hervieu, vice-président du conseil régional de Bourgogne, fait le point sur ses fonctions et éclaire un pan de ses attributions : l’Economie Sociale et Solidaire.
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Comment s’est décidée ta vice présidence au sein de la Région ?

En plus d’une délégation à l’Environnement, domaine au cœur de notre identité et qui nous fut cédée sans difficultés, notre groupe a bataillé pour obtenir une charge où les Verts seraient moins attendus. Nous visions l’économie dans son ensemble. Nous avons obtenu l’économie sociale et solidaire, l’insertion professionnelle mais une partie seulement du développement économique. Mais notre objectif reste le même : montrer que les Verts peuvent intervenir sur l’ensemble des politiques de manière réaliste et pertinente. Ce concept d’économie sociale et solidaire -« ESS » - semble avoir le vent en poupe ces derniers temps. On peine encore cependant à en avoir une définition claire… Les débats de fonds sur l’ESS m’intéressent bien sûr, mais j’ai besoin avant tout de résultats concrets : je m’appuie sur une approche personnelle pour favoriser cette économie, la faire connaître, et surtout la développer.

Peux-tu toutefois dresser rapidement les grandes lignes de cette économie ?

L’ESS compte trois piliers : les associations, les mutuelles et les coopératives. Toutes partagent un ensemble de valeurs qui sont l’exercice démocratique du pouvoir, le partage équitable des bénéfices. Ces entreprises sont au service de l’homme et non l’inverse ! Elles sont toujours soucieuses de leur utilité sociale.

C’est donc sur ce terreau que ces établissements s’épanouiraient ?

L’ESS se développe souvent là ou l’économie marchande ne va pas, puisqu’il n’y a pas de profits à réaliser. Du coup, on l’identifie à ces secteurs où elle se rend visible : ceux de l’insertion, de l’aide à la personne… Mais l’ESS n’est pas l’économie des pauvres ! Nombreux sont ceux qui la considèrent, pour son côté « réparateur », comme une sorte de « Samu social » qui viendrait panser les plaies causées par l’économie marchande.

Peux-tu justement nous citer quelques exemples concrets qui aideraient à sortir des clichés qui collent à l’ESS ?

Dans notre région, plus de 30 % du secteur de l’imprimerie, comme de la métallurgie, est occupé par des coopératives. Ce qui prouve que les entreprises de l’ESS dans le secteur concurrentiel, ça marche ! D’ailleurs, l’entreprise la plus rentable de France, saluée il y a peu dans les Echos, est une société coopérative de production (SCOP) basée à Clamecy dans la Nièvre. Les Coopératives d’utilisation du matériel agricole (CUMA) sont également de beaux exemples de réussite. Et puis citons deux intérêts non négligeables de l’ ESS. Intimement liées à leur territoire, ces entreprises ne délocalisent pas ! Ayant plusieurs « actionnaires » elles ne posent aucun problème de succession ! Ce n’est pas rien car un des problèmes économiques majeurs que va rencontrer la Bourgogne dès 2005 est celui des transmissions d’entreprises.

Ta vice-présidence est une nouveauté dans le cadre du Conseil régional de Bourgogne. Comment s’effectue ton travail ?

Celui tient encore trop du combat en interne, avec l’administration, comme avec une partie des élus, y compris de gauche. Les fameux clichés ont la vie dure… Mais les chiffres de l’INSEE sont de nature à alimenter le débat. Nous avons l’opportunité de faire reconnaître l’ESS, à condition de réussir deux choses : montrer qu’elle obtient des résultats concrets, en terme d’emplois et de bénéfices, comparer les coûts sociaux et environnementaux des deux types d’économie. L’économie marchande produit et emploie, certes, mais elle exclue et elle pollue. C’est justement ce que l’ESS tend à éviter ; c’est ce qui fait sa différence.

Parlons projets maintenant… que comptes-tu mettre en place dans un premier temps ?

Je souhaite organiser dés le début 2005 des assises régionales de l’ESS. L’objectif est de co-produire avec les acteurs déjà en place un plan de développement en Bourgogne. Plan qui s’appuiera sur la création d’outils nouveaux qu’il nous reste à inventer mais dont j’ai déjà une petite idée…

Les chiffres :

En Bourgogne, l’économie sociale et solidaire c’est :

  • 15 500 établissements soit 13% des établissements économiques de la région
  • 90 000 emplois concernés soit 11% de la population active régionale.
  • Un taux de croissance de 5% contre 1,5% dans l’économie traditionnelle pour la création d’entreprises. Source : INSEE, L’Economie Sociale et Solidaire en Bourgogne, Dossier N° 40, octobre 2004, 47 pages.
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