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Compte rendu de la conférence du 17 novembre 2004

Manger mieux et bio !

Par Lylian Legoff, médecin.

mardi 4 janvier 2005

Lylian Le Goff est un médecin impliqué depuis des nombreuses années dans la prévention alimentaire, la préservation de l’environnement et la promotion de l’agriculture BIO. Auteur en 1997 de nourrir la vie, il est membre de la commission biotechnologies de France nature environnement (fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement). Il était invité par le Collectif OGM 21 à l’ENESAD pour une conférence débat sur les risques des OGM. 
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Les premières causes de mortalité dans les pays occidentaux sont directement liées à l’alimentation. L’augmentation des problèmes liés à la nutrition comme certains cancers, le cholestérol, les maladies cardiovasculaires ou le diabète ont un coût énorme pour notre société. Non seulement il existe un coût hospitalier pour ces traitements mais il y a également, dans ce domaine, des recherches qui engloutissent des sommes astronomiques.

Pour Lylian Le Goff, le principal problème de notre société est le déséquilibre nutritionnel qui vient d’une éducation alimentaire dite « post deuxième guerre mondiale ». Ce régime alimentaire est trop carné se qui entraîne des surcharges pondérales sur les populations et l’apparition ces dernières décennies de l’obésité chez l’enfant.

Les problèmes de santé liés à l’alimentation se divisent en deux parties. La première touche l’alimentation proprement dit, c’est-à-dire la qualité des produits ingérés ainsi que la manière de les produire et la deuxième touche la quantité, c’est-à-dire la manière de concevoir nos repas. Si la société produit des aliments avec moins de produits chimiques, elle agira non seulement sur le milieu (moins d’éléments carcinogènes dans l’eau, l’air et la terre) mais également plus directement sur notre santé, via les aliments consommés . Il faut donc inciter les gens à manger correctement avant de passer à une alimentation plus saine. Sans changement des habitudes alimentaires, la problématique nutritionnelle resterait inchangée, malgré le passage à une alimentation BIO. Ce passage n’apporterait donc que la solution aux problèmes environnementaux et pas aux problèmes liés à la nutrition. La limitation des apports protéiques carnés et le remplacement par des apports protéiques végétaux pourraient être une première habitude à prendre. L’alimentation plus végétarienne conduit à une diminution des rations car l’apport de fibre rend la satiété plus rapide.

On sait que la nourriture BIO est de prime à bord plus chère que la nourriture conventionnelle mais si on englobe le coût total (dépollution de l’environnement, maladies induites par la consommation de produits dangereux) alors on se rend compte que les coûts du BIO sont identiques à la nourriture dite classique.

Au CROUS de Bretagne les étudiants ont demandé de la nourriture BIO. Le directeur y était favorable à condition que le ticket RU BIO coûte la même chose que le ticket RU. Si on change notre façon de concevoir les repas alors manger BIO revient au même prix car même si le prix des produits BIO est plus élevé que les produits conventionnels, les quantités d’aliments diminuent. Le prix du ticket reste donc inchangé. La diminution de la consommation de viande induit également un bénéfice car la viande n’est pas un produit bon marché. Les économies d’un tel régime permettent l’achat d’autres aliments BIO. Pour exemple le pain BIO se garde mieux donc il y a moins de gaspillage. Avec un même budget on peut faire un menu BIO mais avec une alimentation différente.

En Italie, il y a une obligation pour les cantines scolaires d’introduire un aliment BIO par repas.

La formation du personnel de l’éducation national (gestionnaires et cuisiniers) est primordiale dans un premier temps puis celle des consommateurs (parents et élèves) est également nécessaire.

Pour résumé : il ne faut pas qu’un changement d’achat de produit mais il faut mettre en place toute une consultation et une information sur l’alimentation. Cela recoupe un problème que les Verts ont soulevé, celui de l’éducation à la santé qui n’est toujours pas pris en compte dans notre société.

Compte rendu rédigé par Nicolas Guillemet


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