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Aménagement du territoire : les conséquences du mitage.

Bulletin des élus verts d’avril 2005

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L’agglomération dijonnaise voit s’accélérer, ces dernières années, son extension territoriale au delà de ses limites administratives. La création du Syndicat Mixte du SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) prend en compte une partie de l’aire urbaine de l’agglomération. Pour les prochaines années, il sera nécessaire de trouver une position claire au regard des enjeux de l’aménagement du territoire. Les approches de développement durable et celles de l’aménagement de l’aire urbaine doivent se rejoindre : agir pour que les problématiques sociales et environnementales trouvent des solutions dans un aménagement urbain de qualité qui préserve l’équilibre ville/campagne. Or le mitage du territoire que nous connaissons depuis de longues années fonctionne selon un mécanisme bien huilé.

Dans un premier temps, le prix des terrains monte dans le centre très urbanisé du fait de sa raréfaction. Les habitants souhaitant accéder à la maison individuelle s’éloignent du centre puis, de fait, ils transfèrent les charges épargnées par un coût moins élevé du logement sur les moyens de transport. On part avec une voiture s’installer hors de l’agglomération et l’on y revient travailler avec 2 ou 3 véhicules. Les conséquences en sont redoutables :

  • le développement des infrastructures routières dans l’agglomération mais aussi en zone péri-urbaine, ce qui aboutit fatalement à de nouvelles implantations pavillonnaires encore plus éloignées de la ville dans la mesure où ces nouvelles voies permettent d’aller plus vite, plus loin.
  • l’engorgement de l’agglomération par des afflux de voitures toujours croissants (plus de 1000 véhicules en plus par an en circulation sur l’agglomération).
  • une consommation de l’espace plus importante. Pour être attractifs, les bourgs environnants proposent des implantations conformes aux souhaits de la population (une maison et un joli bout de terrain,) d’autant que le prix du foncier y est plus faible qu’en ville et que le territoire y paraît infini.
  • une mixité sociale inexistante puisque la répartition de la population s’effectue sur la base des ressources (les pauvres en ville dans les logements sociaux et les classes moyennes dans les campagnes).
  • une nécessité pour les personnes âgées de revenir le plus souvent en ville. Les maisons de retraites, les soins et même les services dédiés sous souvent inexistants en zone péri-urbaine. Ils nécessitent de se déplacer pour y accéder, or les moyens collectifs de transports font cruellement défaut.
  • les inégalités fiscales : ce sont principalement les habitants de la ville qui paient les charges des services rendus à l’ensemble des populations de l’aire péri-urbaine. Les infrastructures collectives sont mises en place par la ville au bénéfice de tous.
  • le manque de visibilité sur le devenir de leurs exploitations pour les agriculteurs. Comment investir si l’on n’est pas sûr de rester sur un territoire qui semble promis à une urbanisation qui serait inéluctable ?

Toutes ces problématiques, non exhaustives, découlent principalement du type de développement que notre société a choisi. Considérer l’espace comme un bien gratuit, alors qu’il a un prix pour les promoteurs et les acquéreurs, et infiniment disponible, est incohérent et largement préjudiciable à la qualité de vie des habitants de la zone et surtout à leur devenir et celui de leurs enfants.

Les Verts font des propositions pour qu’un aménagement du territoire plus cohérent soit enfin mis en place.

  • En premier lieu, introduire une démarche partenariale avec tous les acteurs du territoire. Les conflits sont multiples pour l’utilisation de l’eau, pour l’extension des usages des territoires. Seule, une mise à plat avec les acteurs et les usagers du territoire pourra garantir que tous se seront exprimés avec les intérêts contradictoires que cela suppose mais aussi avec les synergies que cela peut dégager. L’intérêt collectif doit primer sur les enjeux individuels.
  • Le mitage du territoire peut trouver un remède en prenant en compte des pistes innovantes comme le développement systématique de logements intermédiaires entre le bâtiment collectif et la maison individuelle en zone urbaine, la construction par densification des bourgs péri-urbains plutôt que par étalement (qui a pour avantage de permettre une certaine mixité sociale et générationnelle).
  • La construction en périphérie des bourgs par étalement repousse les exploitations vers l’extérieur. Cela génère des coûts de raccordement aux infrastructures. Il serait temps d’inventer des concepts tels que la zone d’intérêt agricole qui permettrait de regrouper les exploitations d’une même commune ou groupement de communes sur les mêmes lieux et à proximité d’espaces agricoles préservés tant pour la culture que pour l’élevage.
  • Prévoir les extensions qui peuvent être nécessaires sur les espaces ruraux au travers de Plan Locaux d’Urbanisme (PLU) et qui prendrait en compte la pérennité économique des exploitations.
  • Les zones d’activités économiques doivent, elles aussi, répondre aux logiques de densification plutôt que d’extension. Aujourd’hui l’intervention économique qui vise à favoriser l’implantation d’activités nouvelles se mesure à la quantité d’espace fourni aux entreprises. Ce ne doit plus être un paramètre déterminant même si le coût d’installation de l’entreprise doit être plus élevé de ce fait. Il est certainement plus rentable d’intervenir financièrement auprès de l’entreprise que de dilapider des espaces précieux y compris pour l’implantation d’autres entreprises intéressées.

Ces quelques mesures ne sont que des pistes de discussions vers un avenir commun et concerté qui permette à la ville de se développer sans que s’exprime de sa part une attitude de prédation sur les espaces avoisinants. Par ailleurs, il faut convaincre les élus des villages environnants qu’il n’est pas possible de favoriser exclusivement des développements territoriaux horizontaux. Il est également inévitable de poser la question d’une logique de quelques pôles de développement extérieur plutôt que celle du mitage des espaces.

Jean-Patrick Masson



  • Plan Locaux d’Urbanisme (PLU)
  • Schéma de Cohérence Territorial (SCOT)
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