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Savoir sortir du nucléaire : non au pôle de compétitivité nucléaire !

Bulletin des élus verts d’avril 2005

mercredi 27 avril 2005

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Afin de dynamiser le développement industriel et de créer des emplois, le gouvernement Raffarin a lancé, à l’été 2004, un appel à projets « pôle de compétitivité ». L’objectif de ces pôles est de mettre en synergie sur un territoire donné des entreprises, des centres de formation, des unités de recherche publiques et privées autour de projets « innovants ». 105 dossiers ont été déposés pour des pôles de compétitivité dans la haute technologie, l’agro-alimentaire, les bio-technologies, l’aéronautique, le textile et le …nucléaire. Ce dernier projet qui a été initié par la Direction Régionale d’EDF en Bourgogne est sorti des cartons officiellement fin janvier, un mois avant la date limite du dépôt des dossiers le 28 février. Les Verts Bourgogne ont immédiatement réagi par un communiqué de presse : « Pôle de compétitivité : pour des emplois durables, contre l’énergie nucléaire » [1].

Par ailleurs, le conseil de communauté du Grand Dijon réuni le 17 mars devait se prononcer sur une convention de partenariat EDF/Grand Dijon. Du fait du contexte créé par les industries du nucléaire, EDF en tête, les élus Verts ont voté contre cette convention même si celle-ci est pavée de bonnes intentions [2] (chaque délégué de la communauté a reçu une lettre expliquant notre position lors de ce vote [3]). Car, si EDF caresse dans le sens du développement durable d’un côté, elle banalise et pérennise la nucléarisation de notre territoire - grande exception européenne en la matière !-. Lors du conseil municipal de Dijon le 21 mars, il fallait renouveler une convention EDF/ville de Dijon signée en 2003 : le groupe des élus Verts s’est abstenu sur ce renouvellement, non pas sur le fond, mais pour marquer de nouveau son opposition au pôle de compétitivité nucléaire.

La politique énergétique française souffre depuis toujours d’une chape de plomb : pseudo débats publics, lobbying forcené du complexe militaro-nucléaro-industriel, renoncement du parlement aux énergies renouvelables et notamment l’éolien [4]… Il en va de notre capacité à résister, même symboliquement : s’engager en politique, c’est savoir le faire à la hauteur de nos convictions. La nucléarisation de nos territoires, de notre environnement ne souffre pas qu’on confonde irresponsabilité frileuse voire peureuse avec démarche politique construite et argumentée.

Parmi les 105 projets, le gouvernement en retiendra environ une quinzaine et donnera son verdict en juin/juillet. La mobilisation pour contrer le pôle de compétitivité nucléaire doit se poursuivre. Sortir du nucléaire sans changer notre qualité de vie et en améliorant l’emploi est possible. Ainsi, le chantage à l’emploi de la part des industries du nucléaire est malhonnête : le développement des énergies renouvelables et notamment de la filière éolienne en Allemagne a permis, depuis un an, que le nombre total d’emplois dans ce secteur dépasse celui du secteur nucléaire : soit 40 000 emplois contre 38 000. Ce qui devrait intéresser fortement les syndicats des travailleurs de l’énergie. D’autant que, en restant sur l’éolien, ce marché croît de 40% par an : les chiffres d’affaire en matière d’équipement sont très supérieurs à ceux du nucléaire. Par ailleurs, la sortie du nucléaire requérra toute la compétence des travailleurs de la filière pour l’assurer en toute sécurité, sans compter la gestion et maintenance des déchets pour des durées de temps plus que millénaires ! 75% de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire ; et dans l’énergie totale consommée (transports, chauffage, éclairage, sources de production…) en France, le nucléaire n’en fournit « que » 15%.

L’industrie nucléaire consomme à elle seule l’énergie fournie par 4 réacteurs, 10 réacteurs fonctionnent pour l’exportation à perte d’électricité et 10 autres correspondent à la surconsommation imposée par la chauffage électrique. Réduction du gaspillage énergétique (construction avec norme HQE, efficacité énergétique…), cogénération, énergies de transition (pétrole, gaz, charbon…), développement des énergies renouvelables : autant de dispositifs tenant compte des contextes et besoins au plus près des populations.

Le nucléaire n’est pas compétitif : la propagande politico- industrielle a toujours évité de prendre en compte la totalité des coûts réels. Le nucléaire empoisonne la terre par ses déchets, constitue un risque permanent et entretient la prolifération des armes dans des pays dictatoriaux.

Tous les militants et élus bourguignons doivent se mobiliser pour que la Région Bourgogne ne nous plombe pas ainsi que les générations futures dans le pari dangereux, absurde, sans avenir porté par le pôle de compétitivité nucléaire.

Le malheureux anniversaire des 19 ans de Tchernobyl nous rappelle de ne pas tergiverser.

Catherine Hervieu, Présidente du groupe des élus Verts



  • Voir aussi : L’avis du CESR de Bourgogne, "Enjeux et perspectives pour les entreprises bourguignonnes dont les activités sont liées au nucléaire", intervention de Thierry Grosjean, représentant les associations de défense de l’environnement.
  • Autres infos auprès du réseau : Sortir du nucléaire, 9 rue Dumenge, 69 317 LYON cedex 04, tél. 04 78 28 29 22

Notes

[1] communiqué des Verts Bourgogne

[2] intervention de Catherine Hervieu

[3] lettre aux délégués communautaires

[4] cf loi UMP votée à l’Assemblée Nationale le 04/05/2005

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