EELV-Côte d'Or EELV-Côte d'Or

Bulletin du groupe Vert juillet 2005

L’Ouche : lancement du SDAGE.

Christine Durnerin, présidente du SMEABOA

jeudi 1er septembre 2005

Le mercredi 22 juin, Christine Durnerin, présidente du Syndicat Mixte d’Etudes et d’Aménagement des Bords de l’Ouche et de ses Affluents (SMEABOA), a présenté devant une assemblée composée d’élus locaux et de riverains le lancement du SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux).
Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

« Répondre aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». C’est bien à ce défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui en ce qui concerne l’avenir de nos ressources en Eau.

Alors que l’adoption de la nouvelle loi sur l’eau française vient d’être une nouvelle fois repoussée, alors que sa préparation remonte déjà à 1997, l’Europe consciente des enjeux liés à la ressource met en place une Directive Européenne qui vise à atteindre le « bon état général » des milieux aquatiques d’ici 2015. Il nous reste dix ans pour relever ce défi majeur pour notre avenir et celui de nos enfants. Ce laps de temps qui peut sembler suffisant est malgré tout très court au regard des délais de tous ordres, qu’ils soient d’études, administratifs ou de travaux et nous ne devons plus perdre de temps. Pour autant, localement les choses avancent aussi vite que possible. Depuis 2001 et l’arrivée de l’équipe emmenée par Mr François Rebsamen, maire de Dijon et Président du Grand Dijon (équipe dont j’ai l’honneur et le plaisir de faire partie) les choses ont avancé aussi vite que possible, ceci dit sans autosatisfaction vaine, mais sans fausse modestie non plus.

Engagement de campagne, attendue depuis de trop longues années, la mise aux normes de la station d’épuration Dijon-Longvic sera une réalité d’ici peu puisque la mise en eau est prévue le 4 septembre 2006. La communauté de l’agglomération dijonnaise au travers du SMD et de sa Présidente Mme Colette Popard, assume ainsi de façon volontariste les politiques relevant de sa compétence. Il s’agit là du dossier le plus symbolique, le plus connu de l’ensemble de nos concitoyens. Les montants financiers en jeu (près de 60 millions d’euros) y sont certainement pour beaucoup.

Mais il ne faudrait pas que cet arbre - pour imposant qu’il fusse - nous fasse oublier la forêt de problèmes dont notre rivière souffre :

  • pollutions diffuses à l’amont et à l’aval de l’agglomération,
  • altération du régime hydraulique,
  • entretien de la végétation et des berges,
  • mauvaise qualité du monde piscicole,
  • conditions climatiques difficiles et besoins en eau altérant l’étiage d’été…

Le diagnostic nous le connaissons assez bien, l’étude globale (référence encore reconnue à ce jour) qui a débouché en 1997 sur le programme (mené par le SMEABOA) pluriannuel de réhabilitation de la végétation rivulaire et le programme d’entretien qui lui fait suite à l’heure actuelle, a permis d’avoir une vision globale de notre rivière et de ses dysfonctionnements. A l’époque, et ce, pour des raisons qui appartiennent à l’histoire, il n’avait pas été possible d’enclencher des démarches ambitieuses de gestion globale, visant à la résolution de ces problèmes. Permettez-moi de paraphraser un titre de film connu, « Ça commence aujourd’hui » avec l’aide de nos partenaires institutionnels au premier rang desquels je souhaiterais mettre l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et Corse sans qui rien ne serait possible.

Le SDAGE R.M.C. approuvé en 1996 établissait des prescriptions importantes mais demeurait un document d’orientation s’adressant à une aire géographique très étendue. La révision programmée du SDAGE ainsi que la mise en place de la Directive Européenne nécessitent des relais au niveau local. Pour ce qui nous concerne, le niveau local que je qualifierais de « pertinent » serait celui du bassin versant de l’Ouche. Il devient pour nous, habitants de ce bassin versant, impératif que les politiques locales de l’eau puissent s’appuyer à la fois sur des éléments réglementaires reconnus et admis par tous mais aussi sur une contractualisation d’objectifs et des moyens nécessaires à leur réalisation.

D’un autre côté si la conscience du besoin de gestion globale est effective localement (je l’ai à de nombreuses reprises perçue dans mes échanges avec les élus, les conseillers syndicaux mais aussi chez nos partenaires tant techniques que financiers), il convenait de la formaliser, lui faire prendre corps et la conduire. Pour cela, une collectivité devait se présenter comme porteuse « naturelle » et « légitime » du projet du fait de ses compétences et de son échelle géographique d’intervention, je veux parler vous vous en doutez du SMEABOA (Syndicat mixte de l’Ouche). Qu’il me soit permis à cet instant de remercier la mobilisation sans failles des élus du comité syndical qui m’ont soutenu pour que le SMEABOA se donne les moyens d’assumer la responsabilité d’engager non pas une mais deux démarches de gestion globale. Car constatant le retard pris par rapport à d’autres collectivités et l’urgence à se doter de moyens d’actions dignes de ce nom, il nous est vite apparu nécessaire d’engager non seulement le SAGE de l’Ouche mais aussi son Contrat de Rivière. Challenge ambitieux qui fait de notre Syndicat la première collectivité au niveau national à porter ces deux procédures complémentaires sur le même bassin et dans le même temps.

Pour envisager de relever ce défi sereinement il nous fallait des moyens tant humains que matériels, et je remercie ici sincèrement l’Agence de son soutien sans faille tant financier que technique et plus large encore, en la matière.

Aujourd’hui se veut le démarrage officiel de la phase préliminaire du SAGE et du Contrat de rivière de l’Ouche.

Je souhaiterais mettre en avant tout l’intérêt démocratique de ces démarches. En effet au cours des semaines et des mois à venir nous allons être amenés à nous rencontrer, à nous réunir et ce, à de plus que nombreuses reprises. Partenaires institutionnels, organismes financeurs, communes, syndicats d’eau, partenaires privés, agriculteurs, fédération et associations de pêcheurs et d’usagers, services de l’Etat et d’autres encore, nous allons échanger des points de vue. Nous allons confronter des analyses qui pourront être contradictoires, nous allons faire valoir des intérêts en opposition les uns des autres. J’ai en tête quelques futurs points de frictions potentiels entre des usages pas toujours compatibles. Cela ne doit effrayer personne : toute politique qui tend à se vouloir pérenne et respectée doit se construire dans le débat afin que de ce débat émerge la vision partagée et acceptée par tous des mesures à mettre en œuvre. Il me semble que là se situe tout l’intérêt de ces démarches : atteindre ensemble un objectif commun à tous.

Les événements climatiques et hydrologiques de ces dernières années ont sensibilisés les acteurs de l’eau comme l’ensemble des citoyens et contribués à la prise de conscience de la fragilité de la ressource. Les collectivités et institutionnels concernés, malgré leur volonté de répondre à la préoccupation première de nos concitoyens - une eau « parfaite » toujours disponible dans les foyers - ne pourront le faire que dans la coordination et le partenariat entre elles. La disponibilité de la ressource et sa mise à disposition ne peut se faire que dans l’équilibre et non au détriment d’usages par rapport à d’autres. Car la gestion globale, si elle se comprend plus aisément d’un point de vue géographique s’adresse aussi aux usagers multiples et variés de l’eau et de ses milieux naturels (rivière, lac etc).

Par exemple : la plus grande partie de l’eau de consommation humaine fournie au travers des sources de Lusigny, de Morcueil, de la nappe de Dijon sud et des sources du Suzon est collectée par le bassin versant amont.

Vous l’avez compris nous sommes au cœur de la phase préliminaire. Pascal Viart, ingénieur du SMEABOA, chargé de mission SAGE et Contrat de rivière, que je tiens à féliciter aujourd’hui, travaille d’arrache pied à la constitution des deux dossiers, avec le soutien des services de l’Etat qui par leur appui technique, qu’ils en soient remerciés ici, seront la caution du bien fondé des propositions qui seront adressées à Monsieur le Préfet d’ici la fin de l’année.

Vous le voyez aujourd’hui était l’occasion de se réunir, non pas pour se féliciter de la conclusion d’un projet, mais bien pour vous inviter toutes et tous à construire ensemble l’avenir de cette rivière chère au cœur de tous et que nous souhaiterions léguer aux générations futures dans le meilleur état possible.

Christine Durnerin, adjointe au maire, présidente du SMEABOA.


Mots-clés : ,
Top
L’ours | Présentation Europe Ecologie Côte-d’Or
Plan du site | Revue de Web | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
Les Verts de Côte d’Or - 23, rue Saumaise 21000 Dijon