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Conseil municipal du 7 novembre 2005

Débat d’Orientation Budgétaire

Intervention du Groupe Vert

dimanche 13 novembre 2005

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Monsieur le Maire, chers collègues,

Nous ne pouvons engager ce débat sans tenir compte du contexte national qui conforte, MALHEUREUSEMENT, les tendances de fond que nous les Verts ainsi que d’autres, soulignons depuis au moins 3 ans. L’injustice sociale, écologique, économique se traduit maintenant par une paupérisation d’une part importante de la population, par des clivages socio-culturels tels, que tout le monde découvre avec effarement, stupeur -sans parler du cynisme de certains- que notre société génère des mouvements de violence de la part de sa jeunesse. Or, les indicateurs clignotaient depuis longtemps déjà, certes pas tous en même temps : le taux de chômage des jeunes, le « no-man’land » socio-institutionnel pour les 18-25 ans, la sortie précoce des circuits scolaires, les taux de mortalité violente des adolescents que ce soit par suicide, accident, voire par conduite addictive… Notre responsabilité collective et individuelle est interpellée brutalement.

Posons-nous la question : qu’est-ce que notre société offre comme perspective d’avenir à des enfants, des jeunes dont la personnalité est encore en construction ? Le bonheur dans une consommation en tout genre ? L’accumulation d’argent, de choses acquis magiquement grâce au Loto, et autres millionnaires ?

Nous sommes loin, très loin des valeurs au nom desquelles, chacun d’entre nous ici, essayons de contribuer humblement : Liberté, Egalité, Fraternité. Si ces valeurs ne s’incarnent pas en actes, moyens et travail sur tout notre territoire, alors il ne faut pas s’étonner des violents rappels à l’ordre, à l’œuvre actuellement. Qu’on soit bien clair : je parle ici de processus. Un acte délictueux, un acte criminel doivent être jugés et sanctionnés, les victimes ont droit à la réparation, à la reconnaissance officielle du préjudice subi.

Les paroles, les professions de foi émises lors des scrutins électoraux restent trop souvent lettre morte. Il y a tout juste 10 ans, le président Chirac était élu sur le projet de « réduire la fracture sociale », il y a 3 ans, c’était sur l’engagement de réduire l’insécurité que le même président était réélu. Or depuis, force est de constater que les outils de prévention, d’accompagnement éducatifs, d’aide à la scolarité, d’aide médico-psychologique construits peu à peu avec des savoirs faire professionnels sont mis à mal avec le désengagement de l’Etat, la réduction drastique des subventions et des acteurs professionnels mis à disposition des associations qui travaillent au plus près des populations concernées ; les politiques de la ville sont aussi durement pénalisées. Ce désengagement massif en lien avec la réforme fiscale pèse forcément sur notre débat. C’est une réalité à laquelle notre municipalité doit faire face. Appliquer les propositions pour lesquelles les dijonnais nous ont mandaté avec les moyens que notre collectivité se donne, nos concitoyens nous donneront acte de cela. Pour autant, la diminution des recettes provenant de l’Etat (différentes dotations, subventions diverses dans les différents aspects de la politique de la Ville…) complique forcément l’exercice.

Par ailleurs, une autre donnée rend l’exercice difficile : le poste énergie. Mon intervention lors de la DM n°3 lors de notre conseil de septembre reste bien sûr d’actualité. Dans le domaine de compétence de la ville, il y la possibilité de diminuer par 3 la consommation énergétique avec les matériaux, les savoirs faire, la lutte contre le gaspillage : dans la rénovation des bâtiments existants, avec la contrainte pour tout nouveau bâtiment de ne pas dépasser 45kWh/m². Et pourquoi pas les 15kWh/m² comme en Allemagne avec les maisons dites « passives » ? Pourquoi, ce qui est déjà réalisé en Allemagne ou en Autriche ne le serait pas en France, à Dijon ? Cela passerait par une obligation pour une obtention de permis de construire, ou de travaux de rénovation. Cela doit faire partie du PLU en révision. Cette démarche, à la fois commandée par l’urgence énergétique et le coût financier, est créatrice d’emplois, valorise les métiers du bâtiment, permet d’anticiper un état de tension avant que cela ne devienne un état de crise. Les bailleurs sociaux doivent évidemment être impliqués dans cette démarche. Car si la fracture sociale est bien là, la fracture énergétique s’y ajoute.

La Loi de finances 2006 va compliquer la vie de tous : plafonnement de la dotation de compensation de la TP, diminution de moitié des subventions aux associations (la CPCA s’en était émue d’ailleurs lors du Grand Dèj de septembre), le transfert de la TIPP. Celle-ci aura forcément des effets pervers pour les finances des collectivités territoriales car cette ressource n’est évidemment pas fiable, même à très court terme. Du coup, cela nous incite à aller de l’avant dans le recours aux transports collectifs et pluri-modaux, de même qu’aux énergies renouvelables.

Au-delà d’un contexte difficile, je tiens à faire valoir l’ensemble des réalisations de la ville depuis 2001. L’effort en matière de rénovation urbaine, de mixité sociale par le logement, d’accueil de qualité dans le péri-scolaire, dans les crèches d’accompagnement à l’emploi pour les plus fragilisés, de démocratie de proximité dans les quartiers… autant d’actions locales s’inscrivant dans la durée. Encore faut-il que la ville ne porte pas seule à bout de bras ses engagements.

Cette préparation budgétaire donne la tonalité du BP 2006 en cours d’élaboration. D’urgences en urgences, il va bien falloir assumer les différentes actions à envisager et les financer et ce à tous les échelons politiques, institutionnels et socio-professionnels car la ville ne peut pas tout à elle toute seule.

Pour le groupe des élus Verts, Catherine Hervieu

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