EELV-Côte d'Or EELV-Côte d'Or

Branche Est de la LGV Rhin-Rhône

La traversée de la Saône à Poncey-les-Athée suscite des inquiétudes

Les Verts de Côte d’Or s’adressent au commissaire enquêteur

dimanche 27 novembre 2005

Dans le cadre de l’enquête publique concernant la construction d’un viaduc à Poncey-les-Athée pour permettre à la LGV Rhin-Rhône "branche Est" d’enjamber la Saône, les Verts de Côte d’Or ont adressé une lettre au commissaire enquêteur pour lui faire part de leurs inquiétudes.
Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article


Monsieur le Président de la Commission d’enquête,

Les Verts Côte d’Or souhaitent vous faire part de leurs inquiétudes et avis concernant le tracé de la LGV Rhin-Rhône branche Est lors de la traversée de la Saône.

I. Sur la forme de l’enquête elle-même :

Cette enquête publique n’a pour vocation que d’entériner le projet tel quel, puisque selon le chef de la mission Branche Est, dans les propos qu’il a tenus lors de la réunion publique du 28 septembre à Auxonne, celle-ci n’aura aucune incidence sur un éventuel changement de tracé pour enjamber la Saône. Cela est peu satisfaisant pour la vie citoyenne et démocratique, d’autant que le plan de financement repose essentiellement sur l’argent public, en provenance notamment des collectivités locales. Au minimum, les inquiétudes légitimes et fondées de la population doivent être prises en compte afin d’améliorer l’ouvrage et prévenir au mieux les risques parce que les collectivités territoriales vont payer le prix fort (le plan de financement de la LGV ne cesse d’être réajuster, du fait de l’explosion des coûts).

II Sur le fond :

  • Le champ de captage des eaux :

Le choix de l’implantation de cet ouvrage fait peser de lourdes menaces sur les champs de captage d’eaux alimentant 60% de la population du département, et majoritairement celle de l’agglomération dijonnaise.

Le risque de pollution lié à l’entretien de la ligne notamment le traitement par herbicides est réel, dans le temps. Le traitement longue durée (tous les 2 ans) évoqué lors de la réunion du 28 septembre ne rassure pas : la toxicité à long terme est un fait avéré. La maintenance de l’ouvrage présentera également des risques à chaque opération. Le champ captant bénéficie actuellement d’un arrêté le protégeant. Que deviendra cet arrêté vu les « besoins » mis en avant par RFF pour l’entretien de la ligne ? S’il doit devenir obsolète, comment justifier son existence jusque là et comment argumenter -à la hauteur des enjeux de la ressource en eaux potables- qu’il soit annulé ?

En phase d’exploitation, qui peut assurer qu’il ne passera jamais de fret sur cette zone sensible, à protéger absolument ? En effet, le fret présente un danger important pour la nappe en cas d’accident et de déversement de substances toxiques. Si, aujourd’hui, cette inquiétude peut paraître incongrue, la crise structurelle des combustibles fossiles nous invite à anticiper. Dans quelques années, le fret sera fortement soutenu par les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs socio-économiques. Toutes les lignes, y compris les LGV, seront, d’une façon ou autre, pour accueillir ce type de trafic. Dans ce cas, les risques ne seraient pas du tout les mêmes que ceux présentés aujourd’hui. Nous resterons vigilants et garderons mémoire de la réponse qui sera faite sur cette question par les décideurs.

Il nous apparaît donc impératif de savoir qui garantit la pérennisation de la ressource en eaux de la population côte d’orienne, en cas de problème lié à l’infrastructure en question, sur le champ captant ? Est-ce également les collectivités locales qui devront encore une fois payer ? Ou RFF, maître d’ouvrage ? Y-a-t-il un contrat d’assurance spécifique pour couvrir ce risque à moins que l’assureur de RFF soit prêt à le faire ?

  • le risque d’augmentation du niveau des crues :

L’emplacement du viaduc va accroître le risque d’inondation pour les riverains. Avec sa construction, la mise en place de remblais, le niveau de crue serait amplifié de 3 cm selon un modèle dont la marge d’erreur des calculs est approximativement de 15 cm. Les leçons de l’historique de la construction de l’A39 montrent que ce risque peut être beaucoup plus grand pour les riverains que ce que les experts en disent. Un modèle physique en complément du modèle mathématique pour tester ce risque est nécessaire.

Il apparaît ainsi urgent d’achever la procédure de mise en place d’un Plan de Protection contre les Risques d’Inondation (PPRI) sur la vallée de la Saône, ce qui n’a déjà que trop tardé (là aussi, on retrouve l’histoire de la construction de l’A39).

III. Le financement :

Le montage financier difficile et problématique de l’ensemble de la LGV Rhin-Rhône Branche Est est tel, que nous alertons la commission d’enquête quant à l’adéquation du cahier des charges avec les procédures d’appels d’offres, pour la réalisation de l’ouvrage, sans doute, bien conçu sur les plans par ailleurs. Nous rapportons ici les propos tenus publiquement à Prenois le 19 octobre 2005 par Monsieur Bernard, chef de projet LGV de RFF, en substance : le bouclage du financement de la LGV branche Est n’est pas terminé, et il est même difficile. Il est question de faire appel à des investisseurs privés pour le finaliser.

Quelles garanties de qualité dans la construction de l’ouvrage, dans sa maintenance, dans la protection du site sensible, la population est-elle en droit d’attendre, vu la complexité et la difficulté à financer la ligne elle-même ?

En sachant pouvoir compter sur votre réflexion attentive, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la Commission d’enquête, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour les Verts Côte d’Or,

  • Philippe Schmitt, secrétaire départemental
  • Catherine Hervieu, porte-parole départementale
  • Dominique Desoche, trésorier,
  • Patricia Renardet et Christian Germain, responsables du groupe Dijon-agglo

Mots-clés : ,
Top
L’ours | Présentation Europe Ecologie Côte-d’Or
Plan du site | Revue de Web | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
Les Verts de Côte d’Or - 23, rue Saumaise 21000 Dijon