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Bulletin des élus Verts n°14, janvier 2006

EDF, EPR, nucléaire quand tu nous tiens…

Catherine Hervieu

samedi 21 janvier 2006

Dans le cadre du débat officiel pour la construction d’une centrale EPR à Flamanville (Manche), la CNDP (Commission National du Débat Public) a proposé une réunion à Dijon le 6 décembre 2005.
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Sur la forme même de cette consultation publique, plusieurs problèmes doivent être soulevés :

  • les décisions sont de toute façon déjà prises : relance du nucléaire, choix de l’EPR, lieu d’implantation. Voir la déclaration de Dominique de Villepin, le 24 octobre 2005 : « Au vu des conclusions du débat public en cours, EDF construira le premier réacteur EPR à Flamanville ».
  • les réunions officielles sont boycottées par les organisations écologistes (Réseau Sortir du Nucléaire, Greenpeace, Amis de la Terre, WWF…) depuis qu’un document essentiel au débat, classé « secret défense » a été retiré.

A Dijon, à part une élue des Verts, aucun élu (quelle que soit la formation) n’était présent à cette réunion.

Au sein de la commission même : les représentants d’EDF, au-delà de leur compétence et savoir-faire strictement professionnels, ont démontré la volonté de cette entreprise de rester à la fois juge et partie dans la conduite de la politique énergétique française. Il y a eu ce soir là une démonstration « en live » du détournement de la démocratie. En droite ligne des 50 années de secret plombant tout débat citoyen concernant l’énergie nucléaire (à cause des liens avec le nucléaire militaire, entre autre).

Sur le fond, on sait qu’une majorité de français est contre le recours à l’énergie nucléaire. Celle-ci correspond actuellement à 7% de l’ensemble des besoins énergétiques du pays : cela relativise « l’impérieuse » nécessité de relancer le nucléaire, via l’EPR d’une part, cela démontre l’ampleur de la gabegie financière occasionnée par cette filière d’autre part. Par ailleurs, si EDF a développé un ambitieux programme électro-nucléaire depuis des dizaines d’années grâce à l’argent public, la privatisation en cours, telle qu’elle est prévue, laissera à la puissance public la maintenance du parc des vieilles centrales et la gestion des déchets ? Autrement dit : on privatise ce qui rapporte, on laisse au public les charges.

Les besoins en électricité de notre pays peuvent être assurés tout en sortant du nucléaire sur 20 à 30 ans. Les énergies renouvelables et les économies d’énergies sont créatrices d’un grand nombre d’emplois.

A l’échelon mondial, la part d’énergie consommée sous forme d’électricité est faible, elle aussi : le recours au nucléaire n’est pas la « solution miracle » à l’effet de serre. La gestion des déchets radioactifs (sur plusieurs millénaires !) nécessite rigueur et suivi reposant sur la puissance publique pour une efficacité garante d’une sécurité optimum. Localement, EDF s’achète une image marketing en finançant un partenariat avec le Pôle d’Economie Sociale et Solidaire. Or, au sein même d’EDF, les garanties sanitaires et sécuritaires des personnels sous-traitants sont bafouées ; de plus, les qualifications et l’organisation de travail de ces personnels ne sont pas en adéquation avec la spécificité de cette production. Bref, EDF s’offre une image sociale tout en banalisant le nucléaire sur le dos et la santé de travailleurs sous-traitants. C’est sans doute dans l’objectif de maintenir une situation de monopole à l’heure de la privatisation et de l’ouverture des marchés.

2006 sera l’année du triste anniversaire des 20 ans de Tchernobyl. Un rassemblement international contre l’EPR aura lieu à Cherbourg les 15 et 16 avril 2006.

Catherine Hervieu

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