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Débat au Grand Dijon du 18 mai 2006

Aéoport Dijon-Longvic : le projet "Renaissance"

Intervention de Christine Durnerin

mardi 23 mai 2006

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Le 21 février 2002 nous avons approuvé à l’unanimité dans cette enceinte notre Contrat d’agglomération. Est-il besoin de rappeller ici les trois éléments fondateurs de ce contrat ?

  • promouvoir l’attractivité de notre agglomération et son ouverure vers l’extérieur,
  • stimuler un développement partagé et durable,
  • développer un cadre de vie innovant et respectueux des territoires.

A cette époque, déjà, les Verts avaient émis les plus grandes réserves face à l’éventuelle augmentation de l’activité civile sur l’aéroport Dijon-Longvic, incompatible à nos yeux avec les principes du contrat d’agglmération. Cette position remonte, vous le savez tous bien avant 2001 et nous l’avons rappellée à de nombreuses reprises au sein de notre assemblée.

Je tiens à préciser que mon intervention ne portera que sur la problèmatique soulevée par le projet Renaissance, il ne s’agit pas de faire un amalgame facile entre les activités militaires et civiles. Nous sommes parfaitement conscient que la présence d’un corps d’armée représentant quelques 2000 emplois sur notre territoire est une donnée qui ne se traite pas à la légère et qui n’est pas l’objet du débat de ce soir.

D’ailleurs je rappelle que nous avons approuvé la convention de partenariat entre la base aérienne 102 et le Grand Dijon.

Ceci étant dit il y a deux problèmes majeurs liés au projet de délibération qui nous a été transmis : un problème de fond, un problème de forme.

Le problème de fond : une fois de plus notre soutien financier est sollicité à une hauteur non négligeable pour une infrastructure qui se veut de grande envergure.

A cet instant permettez moi de regretter que le document dit de travail n’est pas été diffusé (n’est été déposé sur nos tables que ce soir) à l’intention de l’ensemble des conseillers communautaires. Mais j’y reviendrais ;

Nous en sommes tous d’accord un aéroport n’est pas un square de quartier. Son impact sur un territoire n’est pas à balayer d’un revers de main.

Certains paraissent tentés, ici, d’opposer développement économique et défense de l’environnement. Ce serait faire injure à l’intelligence de beaucoup d’entre nous. L’époque où nos villes se construisaient, s’équipaient, s’étalaient sans prise en compte des impacts environnementaux est révolue. IL était alors, possible de penser un aéroport civil digne de ce nom en complément de l’aéroport militaire. Pourquoi ce qui n’a pas été possible lorsque le tissu urbain le permettait encore, deviendrait-il acceptable aujourd’hui ?

Les impacts environnementaux nous semblent bien plus important que ce que le document laisse penser. Balayer d’un revers de page ce qui est primordial dans ce dossier, est une injure faite aux riverains qui seront les premiers à subir les conséquences de ce projet, s’il doit voir le jour.

  • aménagement du territoire : à l’heure où la production de logement , notamment social est LA priorité de notre assemblée, prendre le risque de geler l’urbanisation de centaines d’hectares nous semble pour le moins incohérent, car qu’on le veuille ou non le Plan d’Exposition au Bruit aura un impact sur notre capacité à appliquer notre P.L.H..
  • sécurité : sans même revenir sur l’accident de Quetigny, dire que le transport aérien est le mode de transport le plus sûr paraît une analyse un peu simpliste : rappellez vous la longue liste des accidents de l’été 2005, 90 % de ces accidents ont concerné des compagnies low-cost, quant aux charters....je suis sûre que vous avez tous en tête des anecdotes « croustillantes » sur l’état de leurs flottes...
  • environnement : bruit : pas de problèmes les militaires en font plus, air : pas de soucis les voitures polluent plus. Sont-ce cela des arguments sérieux ? Pas une donnée en terme d’émergence de décibels, pas une donnée précise en terme de rotation journalière, pas une donnée indiquant l’obligation pour les avions civils de tourner au-dessus de l’agglomération pour laisser la priorité aux avions militaires, pas une donnée précise sur les émissions de gaz polluants et à effets de serre, cela interpelle quant à la fiabilité d’un dossier qui semble finalement très orienté et peu objectif.
  • Crise énergétique : à combien était le baril de pétrole lorsque cette étude a été rendue ? Les projections financières présentées ont-elles tenu compte d’un baril flirtant avec les 100 dollars ? Faudrat-il augmenter sans fin les subventions publiques afin de permettre aux Low-Cost de maintenir leurs prix envers et contre toute logique ?

Et d’ailleurs est-ce que les collectivités ont vocation à subventionner l’activité d’entreprises dont il est avéré que les bénéfices sont en partie dûs à ces même subvention ? A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’entreprises réputées pour traiter leur personnel aussi bien que des mouchoirs en papier....

Ce projet nous semble largement dépassé, obsolète voire ringard. Et pour le moins peu voire pas du tout compatible avec les principes qui ont guidé notre action ces 5 années et dont le contrat d’agglomération était un des outils opérationnels.

Le lien direct aéroport/développement économique n’est qu’un argument marketing et d’affichage. En matière d’accessibilité de notre territoire, s’appuyer sur l’existant en le valorisant, notamment en améliorant les dessertes ferroviaires de tous types, serait autrement plus bénéfique à notre activité économique. Si un tel équipement est nécessaire, pourquoi ne pas le situer là où son impact environnemental et humain serait moindre : vous le savez Dôle-Tavaux a toujours eu notre soutien, comme le vôtre Mr Le Président. Pourquoi l’étude Iénair n’a-t-elle eu aucun débouché ? Pourtant il semble bien qu’à investissements à peu près équivalents le service rendu aurait été le même, avec de plus la possibilité de mutualiser les coûts entre des collectivités plus nombreuses.

Il y a des choix à faire, des priorités à définir. Pour les Verts, le choix du ferroviaire est une pririté en matière de transports. Si l’agglomération accueille le T.G.V., nous aurons à faire face à des coûts importants, à l’heure où l’Europe ne s’est engagée qu’à hauteur de 70ME sur les 200M escomptés...

J’en viens aux nombreux problèmes de forme et donc de fonctionnement démocratique attachés à ce dossier :

  • PREMIER POINT : le dossier « Renaissance » et notamment sa couverture pose questions : le logo du Grand Dijon figurant sur le document il aurait été naturel, que les délégués communautaires soient informés qu’un tel travail était en cours : passer de l’étude Iénair, dont les conclusions, (favorables à Dôle-Tavaux), n’ont jamais fait l’objet de débat, au projet « Renaissance » représente un grand écart auquel nous ne voulons pas nous habituer. On s’en étonne d’autant plus facilement que notre assemblée sait mettre enscène de façon spectaculaire d’autres rendus d’étude....
  • DEUXIEME POINT : Sa diffusion au dernier moment (sa non diffusion) pourrait être interprétée comme un signe de défiance vis-à-vis des élus communautaires.
  • TROISIEME POINT : quid de l’avis d’instances types CESR, Conseil de développement durable et surtout de la Commission Consultative de l’Environnement de l’aéroport ?
  • ENFIN, qu’un tel projet avec de tels impacts voit le jour sans que les populations concernées n’aient été informées et consultées est problèmatique. Ce sont le CLAPEN et des associations environnementales qui ont organisé l’information des populations concernées.Est-ce bien normal ? la démocratie mérite mieux , je crois.
  • En ce qui concerne les populations que nous représentont, rien n’indique dans le projet que le rapport avantages/inconvénients se fera à leur avantage. Tout est organisé en direction de deux cibles principales : les touristes étrangers et les hommes d’affaires. Quid des habitants de l’agglomération, sans même parler de ceux de la région ? A eux les nuisances et les coûts, aux autres les services rendus ? C’est contraire à l’esprit qui nous anime ici.

Ce soir au-delà du vote sur la délibération proposée il s’agit pour chacune et chacun d’entre nous de se prononcer en toute responsabilité, face à nos concitoyens sur le projet à long terme que nous souhaitons pour notre territoire : financer à perte de vue un tonneau des Danaîdes mettant à mal la qualité de vie de 250 000 habitants ou construire un territoire qui fait du développement durable et donc de sa capacité à accueillir les générations futures sa priorité ?

C’est pourquoi, Mr le Président, sursoir à une décision sur ce dossier afin de le remettre dans un circuit démocratique de présentation et d’instruction semble la position la plus sage, si tel n’était pas le cas, les Verts voteront contre la délibération proposée

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