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Bulletin des élus Verts n°15, mai 2006

CPE, son retrait, et après ?

Catherine HERVIEU

lundi 5 juin 2006

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La loi qui supprime celle, à peine plus vieille, promulguant le CPE vient d’être adoptée. Ne soyons pas dupe, le porteur de la triple casquette (chef de l’UMP, ministre de l’Intérieur, candidat à la présidentielle) n’a cessé de faire sortir la majorité parlementaire de ce conflit social, au plus vite qu’il a pu. Au plus vite, avant que les partis des gauches puissent envisager un débouché politique crédible à la question de l’emploi et du chômage. Force est de constater que la donne de ce côté reste laborieuse : le plus petit dénominateur commun étant le retrait du CPE (ouf !). Et voilà qui est fait !

Même le CPE retiré, il n’en demeure pas moins que le processus de précarisation de la population est en cours, à l’échelon européen. Le gouvernement, d’ailleurs, voulait se montrer particulièrement en pointe à ce niveau, rattrapant ainsi la Grande-Bretagne "tatchérisée" depuis deux décennies.

La situation de l’emploi et du chômage, la baisse des salaires appauvrit rapidement des pans entiers de la population puisque la capacité à vivre dignement (logement, alimentation, santé, éducation, culture…) dépend directement des revenus perçus grâce à une activité professionnelle.

La financiarisation de la production des biens et des services a des conséquences perverses comme celles, bien connues, d’entreprises dont la fermeture, malgré des bénéfices et une gestion saine, découle de stratégies et de rentabilités financières à court terme.

Les mouvements social, syndical et politique ont abouti au retrait du CPE. Les fondements qui ont présidé à ce projet resteront quant à eux d’actualité. Car le productivisme, la dérégulation des réglementations, marchandisation et financiarisation de toute activité humaine… sont promus comme étant LE modèle seul efficace et faisant marcher le monde et la planète. Or la planète montre des signaux de faiblesse qui interpellent : finitude des ressources (énergies fossiles, eaux douces, biodiversité…), pollutions en tout genre (air, sols, eaux…), changement climatique accéléré, émergence de nouvelles maladies liées à la dégradation de l’environnement... Et ce sont toujours les plus pauvres, les plus fragiles, les plus précaires qui sont aux premières lignes quand les conditions de vie se dégradent (que ce soit à cause des guerres, des pollutions, de la délocalisation de la production de biens, de denrées agricoles et alimentaires…).

L’Ecologie Politique portée par les Verts propose des réponses et des actions permettant que chaque être humain puisse vivre dignement dans un environnement de qualité. La démarche repose sur les valeurs de solidarité, de fraternité, d’égalité bannissant le consumérisme individualiste, un des piliers du dogme de la croissance. Loin d’être magiquement vertueuse, cette démarche doit se construire démocratiquement, que ce soit sur le terrain des actions de proximité, ou sur celui des grandes orientations prises dans les collectivités représentant les populations. Les Verts sont présents et actifs dans certaines assemblées représentatives, ils sont aussi présents et actifs dans beaucoup associations, collectifs agissant concrètement… Que la mobilisation formidable contre le CPE soit réjouissante certes, la question des conditions de l’emploi quel que soit son âge, son sexe, son origine, sa qualification… reste posée. Cela veut dire qu’il faut poursuivre la mobilisation, sous d’autres formes sans doute, en tout cas ne pas rester seul.

Par ailleurs, à l’aune de l’Ecologie Politique un vivier d’emplois est d’ores et déjà prévus : les énergies renouvelables, la relocalisation de la production et de l’économie, les services rendus à la personne…

Catherine HERVIEU

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