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Bulletin des élus Verts n°15, mai 2006

20 ans après Tchernobyl, et après ?

Catherine Hervieu

lundi 5 juin 2006

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20 ans après Tchernobyl, et après ?

Il y a eu beaucoup de reportages, d’articles de presse, de conférences, d’émissions radio-télévisuelles etc… pour marquer l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Nous sommes ainsi fait que c’est lors de ce type de commémoration qu’arrivent en direction du grand public des informations que les cercles militants connaissent depuis longtemps : ampleur des surfaces contaminées en Biélorussie, Ukraine, Bélarus, mais aussi dans le reste de l’Europe, ampleur des conséquences sanitaires sur au moins 6 millions de personnes, 200 000 décès, gigantisme du travail des liquidateurs…

Ce qui commence à devenir grand public également, c’est la reconnaissance avérée que la libération d’éléments radio-actifs suite à l’explosion est inscrite dans un temps gigantesque : des milliers d’années à gérer les conséquences environnementales et sanitaires de Tchernobyl. En France, on aurait pu s’attendre aux excuses du Premier ministre de l’époque, Jacques Chirac lui-même, pour son mensonge criminel et ubuesque quant à l’arrêt du nuage à la frontière française. Attente sans aucun doute naïve car Jacques Chirac représente maintenant le pays le plus nucléarisé du monde. Et pourtant selon un sondage sur l’ensemble de la population européenne initié par la commission européenne en janvier 2006 sur la question des énergies, 12% des Européens dont 8% des Français, seulement, sont pour le développement de l’énergie nucléaire. Cela montre qu’en ce domaine, aussi, les Français subissent des orientations au sujet desquelles il leur est très difficile de faire entendre une opposition et/ou des alternatives. C’est sans doute pour cela que dès qu’elles en ont la possibilité, les populations démontrent leur capacité à faire valoir leur choix : localement, les « affaires Gammaster » à Selongey et Noiron-sous-Gevrey en 2001/2002 en sont une illustration. Même présenté de façon banalisé, le projet d’implantation d’une INB (installation nucléaire de base), pour ioniser et irradier des produits alimentaires et du matériel, a été retoqué massivement par une population qui estime qu’elle a déjà assez à faire avec le CEA de Valduc mais aussi avec les autres installations nucléaires françaises.

Au-delà du temps de la commémoration, la mobilisation doit rester permanente et s’amplifier pour aboutir à la sortie du nucléaire. Ce serait justice rendue pour l’ensemble des populations victimes de Tchernobyl mais aussi des essais nucléaires qui ont eu lieu depuis 60 ans maintenant (en temps de guerre et en temps de paix). Ce serait aussi assumer nos erreurs face aux générations à venir et montrer qu’il y a toujours de quoi renoncer à des logiques mortifères. C’est l’espoir maintenu qu’un monde meilleur est toujours à inventer. Pour autant que chacun d’entre nous contribue à cet espoir en prenant la place des « mordus de l’atome ». Par exemple, en Bourgogne, c’est faire en sorte que le pôle de compétitivité nucléaire ne constitue pas le fer de lance de la construction de l’EPR, que les finances régionales n’aillent pas au-delà des besoins en formation d’ingénieurs et de techniciens, d’une qualité de l’outillage et des matériaux… nécessaires à une maintenance et un démantèlement sécurisés des centrales pour sortir du nucléaire en 20 ans.

C’est le sens de la pétition que nous joignons à ce bulletin et que nous vous engageons à signer et à faire signer (télécharger la pétition). Vous pouvez aussi signer cette pétition en ligne (http://pnb.lesverts21.org).

Catherine HERVIEU

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