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Bulletin des élus Verts n°15, mai 2006

Mon cher Jacquemart...

Par Jacqueline !

lundi 5 juin 2006

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En ces temps d’agitation sociale il me vient l’idée de vous entretenir de démocratie. Nombreux sont ceux, qui, au-delà du contenu factuel de la loi « Egalité des chances » (et son célèbre C.P.E.), s’interrogent sur le fonctionnement démocratique de notre société, et sur le rapport démocratie représentative/démocratie participative.

J’ai assisté, au long des siècles passés, aux évolutions de votre société : monarchie, empire, république. Déjà (seulement...) 5 républiques, plusieurs constitutions, des systèmes différents chez nos voisins les plus proches (les clochers permettent de voir loin)... Et pourtant, j’observe, chez vous, un malaise généralisé, une insatisfaction globale quant au fonctionnement actuel de vos institutions.

Le système actuel est basé sur la démocratie représentative : par mon vote, je délègue à la personne que j’ai choisie, tout pouvoir d’agir dans le cadre de son programme qui correspond à mes attentes. Force est de reconnaître que ce postulat contient en lui-même ses propres limites :

  • la personne pour qui j’ai voté peut ne pas gagner les élections. La gagnante va-t-elle tenir compte des attentes de ceux qui n’ont pas voté pour elle mais qui, quelques fois, représentent une partie non négligeable des habitants concernés ? Gagner avec certains (dans un équilibre, parfois très partagé, de l’ordre de 49/51 %), gouverner et agir pour tous...
  • « je délègue.. » : j’autorise quelqu’un à agir à ma place. Ainsi, j’abandonne à d’autres la responsabilité de légiférer, de choisir des orientations budgétaires, d’agir avec une grande liberté..
  • Si les orientations choisies par les élus ne me conviennent pas, s’ils se déjugent par rapport à leurs promesses, je n’ai d’autres recours que d’attendre les prochaines élections pour les sanctionner et, parfois cette attente est bien longue...

Et si cela changeait un peu ?

Bien sûr la France première république auto-gérée du monde, ce n’est pas pour demain.Pourtant, s’inspirer des expériences d’auto-gestion permettrait de construire, enfin une démocratie participative encore en jachère. Il faudrait que le dialogue élus/citoyens soit permanent et non limité au moment des échéances électorales.

Pour dialoguer il faut être au minimum deux : Il faudrait des élus à l’image de la société : des femmes et des hommes, des vieux et des jeunes, des rouges, des noirs, des bleus, des jaunes et des verts, des petits, des grands, des gros et des maigres, des travailleurs et des chômeurs...Ainsi chacun et chacune se sentirait représenté. Non cumul des mandats, statut de l’élu, parité, représentation élargie sans tomber dans le communautarisme, voilà quelques possibilités d’amélioration de la situation.

Les élus auraient tout à gagner d’avoir en face d’eux des citoyens actifs et responsables,organisés en associations, en syndicats, porteurs d’une vision collective d’intéret général ( qui ne peut être la somme d’intérêts particuliers..). Chaque citoyen par son éducation, sa formation, son information devrait se sentir à même de pouvoir participer à ce dialogue.

Il existe d’autres lieux de décision et de pouvoir, ceux-ci aussi, auraient tout intérêt à remettre en cause leurs modes de fonctionnement.

Ainsi, pas si loin de mon clocher, ils sont quelques uns à vouloir à toute force faire que la Base Aérienne 102 soit aussi un aéroport civil inter-régional. A coup de grandes études, de beaux dossiers, de grands discours, de grandes pages dans la presse, ils essaient de convaincre les uns et les autres du bien-fondé de leur activisme. A quel moment ont-ils interrogé les populations concernées ? Celles qui subiraient de plein fouet toutes les conséquences d’un tel projet : bruit, pollution, risque d’accident. Celles dont l’impôt va financer un équipement dont rien ne prouve qu’il rendra un service au public digne de ce nom.

Il est temps que chacun et chacune fasse entendre sa voix, exprime haut et fort ce qu’il souhaite. Obliger les décideurs à organiser une consultation des populations concernées, les forcer à prendre en compte la parole du « grand public », faire en sorte qu’ils ne se sentent plus libre de décider de tout et n’importe quoi, n’importe comment, ne serait-ce pas cela de la démocratie participative en action ?

Jacqueline

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