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Projet Vert 2007

Décroissance, développement soutenable ?

Tract des Verts Côte d’Or - 9 février 2007

dimanche 11 février 2007

Pouvons-nous nous contenter d’aménager ce système qui montre tous les jours sa faillite, afin de le rendre plus acceptable, ou faut-il rompre progressivement, mais résolument, avec sa logique, en opposant la volonté politique à la fatalité économique ?
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La question à laquelle nous sommes confrontés et qui fait débat entre les écologistes et les différents courants de la gauche est la suivante : pouvons-nous régler les grands problèmes du monde actuel dans le cadre d’un système économique mû par la seule logique du profit et qui tend à transformer tout ce qu’il touche en marchandise, jusqu’à la culture et l’air que l’on respire, un système qui érige en valeur suprême la concurrence de tous contre tous, qui méprise la peine des êtres humains comme la beauté de la nature, pourvu qu’il y ait quelqu’argent à prendre ?

Pouvons-nous nous contenter d’aménager ce système qui montre tous les jours sa faillite, afin de le rendre plus acceptable, ou faut-il rompre progressivement, mais résolument, avec sa logique, en opposant la volonté politique à la fatalité économique ? Pour nous, c’est cette dernière voie qu’il faut prendre, et c’est l’objet des propositions que nous faisons pour la prochaine législature.

Voir les 50 mesures sur le site de Dominique Voynet : http://blog.voynet2007.fr/

Capitalisme et productivisme sont les deux faces d’une même médaille

Ce modèle de développement capitaliste détruit toutes les barrières à la libre circulation des capitaux et des marchandises ; il couvre désormais la terre entière et met en concurrence les travailleurs des différents pays, tendant à aligner les salaires et les conditions de travail vers le bas. C’est ce qui explique qu’une partie des salariés s’appauvrit, au moment même où les profits des grandes firmes atteignent des niveaux records. Ce modèle, qui méprise les travailleurs, gaspille les ressources naturelles et s’accompagne de pollutions croissantes, dont la charge repose sur la société, car il est fondé sur la production sans limite (sauf celles de la recherche du profit), quels que soient l’intérêt et l’usage de ses produits. Dégradation de l’environnement et régression sociale vont donc de pair, elles sont liées comme les deux faces d’une même médaille.

Les exemples de ces gaspillages peuvent être cités à profusion : multiplication des transports inutiles, lorsque les différents constituants d’un pot de yaourt traversent l’Europe entière avant d’aboutir sur les étals du supermarché. Ou encore, subvention d’une main à des activités polluantes, tandis que de l’autre on dépense des sommes importantes pour traiter la pollution.

Nous devons nous attaquer à ce modèle de développement capitaliste qui a fait son temps, en réorienter radicalement les objectifs pour aller vers une société économe de ses ressources, plaçant le développement de l’être humain au cœur de ses finalités, en agissant pour cela à toutes les échelles d’intervention possibles : au niveau mondial, européen, national, local. Les Verts sont porteurs de ce projet de transformation.

Vers une nouvelle démocratie

Il faut le redire ici avec force, l’instauration d’une nouvelle démocratie ne se fera pas par un mythique « grand soir » (pas de nuit du 4 août, pas de prise du Palais d’Hiver). Car la double révolution écologique et démocratique qui est nécessaire aujourd’hui vise à donner à chacun d’entre nous les moyens de sa sécurité par le biais d’un contrôle autonome, décentralisé des décisions qui l’affectent.

Il s’agit d’obtenir la participation de chacun à la gestion des affaires qui le concernent. C’est pourquoi le projet de la droite qui sous prétexte de restaurer la « valeur travail » vise à enfermer les salariés les plus précaires, dans le dilemme de travailler toujours plus, à n’importe quel prix, quelles que soient les conditions de travail (avec celles du travailleur le plus exploité quelque part sur la planète comme seule perspective), est profondément réactionnaire sur le double plan de la lutte pour la réduction des inégalités, notamment de revenus, et sur le plan de l’exigence démocratique qui nécessite de donner de nouveaux droits aux salariés dans l’entreprise et aux citoyens dans les affaires publiques.

La lutte pour la réduction des inégalités n’est pas une simple exigence de justice sociale, elle est devenue une condition d’efficacité de la révolution écologique qui est aujourd’hui nécessaire. C’est une des conditions pour que se développe un nouvel imaginaire social qui ne soit plus orienté prioritairement vers le désir de se procurer par tous les moyens (y compris les plus violents) les symboles d’un luxe ostentatoire (le « fameux 4x4 en ville » aussi inutile que polluant) et d’accéder ainsi au statut de star.

L’instauration d’une véritable démocratie d’entreprise nécessiterait de la part des pouvoirs publics de promouvoir les entreprises qui justement se sont données pour projet de mettre en œuvre un autre gouvernement d’entreprise. Des labels permettant d’identifier les entreprises qui respectent les droits des salariés, les bonnes pratiques environnementales devraient être la condition indispensable pour avoir le droit de bénéficier de fonds publics. Le dépassement du capitalisme (que nous ne confondons pas avec la fin de l’économie de marché) est indispensable car celui-ci est la forme aujourd’hui dominante du productivisme, - l’autre forme dite « communiste », hypercentralisée, ayant sombré à la fin du siècle dernier.

Ce dépassement du capitalisme se fera par la recherche de l’accession à la démocratie économique et sociale partout où cela est possible, en incitant les individus et les organisations (privées et publiques) à changer de comportement.

C’est ainsi que l’on pourra parvenir à une décroissance de l’empreinte écologique ici au Nord rendant nécessaire une meilleure répartition des richesses dans nos sociétés mais aussi entre les sociétés à l’échelle mondiale. L’objectif serait de nous déplacer vers le cadran en haut à gauche du schéma ci-dessous, cadran dans lequel aucun pays n’est encore parvenu.

L’indice de développement humain ou IDH est un indice statistique composite, créé par l’ONU en 1995, permettant de classer les pays du monde au regard de leur développement qualitatif (et non uniquement économiquement quantitatif comme le PIB)
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Cliquer pour voir le graphique en grand !

Pour cela, l’action publique est indispensable, mais elle ne suffit pas, elle ne peut réussir que si elle s’appuie sur l’action consciente des citoyens, sur les mobilisations altermondialistes qui se développent dans les différents pays, sur l’action des syndicats dans l’entreprise, sur le tissu associatif, sur les initiatives dans les quartiers, sur les comportements civiques chacun(e) d’entre nous dans tous ses gestes quotidiens.

La société ne se change pas par décret, le changement sera une œuvre collective : le changement que nous voulons est l’affaire de touTEs.


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Le tract

Ce tract a été diffusé le 9 février à l’occasion d’une réunion d’ATTAC sur le thème "Face à un productivisme destructeur, un autre développement est-il possible ou faut-il aller vers un objectif de décroissance ?"

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