EELV-Côte d'Or EELV-Côte d'Or

Le Monde - 11 octobre 2007 - Cécile Calla

La droite allemande relance le débat sur le nucléaire

jeudi 11 octobre 2007

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

Le Monde - 11 octobre 2007 - Cécile Calla

La droite allemande relance le débat sur le nucléaire

A mi-chemin de la législature, les partis de l’Union chrétienne CDU-CSU, qui gouvernent en Allemagne avec le Parti social-démocrate (SPD), reprennent l’offensive sur le dossier du nucléaire. Dans un document publié, mardi 9 octobre, à Berlin, sur la politique énergétique, le groupe parlementaire CDU-CSU défend l’allongement de la durée d’activité des centrales nucléaires.

Faute d’avoir pu trouver un compromis lors des négociations de 2005 sur la formation de la grande coalition, la droite, conduite par la chancelière Angela Merkel, et le SPD étaient convenus de ne pas toucher à l’accord de sortie du nucléaire conclu par les sociaux-démocrates et leurs alliés Verts en 2000, sous le précédent gouvernement. Cet accord prévoit un arrêt de l’activité des centrales nucléaires au plus tard en 2021. L’opinion publique est, elle, divisée sur cette question si l’on en croit les sondages.

" L’Allemagne est isolée sur la scène internationale avec cette stratégie de sortie " du nucléaire, écrit le groupe parlementaire CDU-CSU dans son document. Venu rencontrer la chancelière à Meseberg le 10 septembre, le président français Nicolas Sarkozy avait exhorté les Allemands à renoncer à ce choix et avait plaidé pour que les deux pays " aient des ambitions énergétiques dans le même sens ".

DIVERGENCE DE STRATÉGIE

Ces déclarations avaient provoqué de vives réactions au sein du SPD, farouchement opposé à un changement de stratégie sur le nucléaire, mais n’avaient pas déplu aux chrétiens-démocrates, qui se sont toujours opposés à la fermeture anticipée des centrales atomiques.

La divergence de stratégie énergétique entre Berlin et Paris a relancé les interrogations sur l’avenir de la coopération industrielle dans le domaine du nucléaire. Début septembre, l’ancien ministre président de Bavière Edmund Stoiber (CSU) s’était inquiété d’une éventuelle rupture entre le groupe français Areva et l’allemand Siemens, qui détient 34 % d’Areva NP, la filiale du groupe nucléaire français qui construit le réacteur EPR de troisième génération, notamment en raison de la politique énergétique suivie par l’Allemagne.

Les députés CDU et CSU soulignent que le nucléaire garantit un approvisionnement minimum en électricité et permet d’éviter le rejet de 150 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année. Ce qui équivaut au volume généré par le trafic routier. Ils veulent éviter que le développement des énergies renouvelables fasse flamber les prix de l’électricité et s’opposent à un " subventionnement démesuré ".

" Ces arguments restent trop souvent absents du débat public ", souligne un expert de la CDU-CSU. Les chrétiens-démocrates souhaitent aussi redonner de nouvelles impulsions à la recherche nucléaire. " Nous ne pouvons pas accepter une diminution des investissements dans la recherche et le développement et la perte d’un savoir-faire allemand précieux ", écrivent-ils.

Toutefois, les chrétiens-démocrates ne veulent pas s’enfermer dans le seul rôle du défenseur de l’énergie atomique. Ainsi, ils proposent d’utiliser les rendements supplémentaires issus d’un éventuel prolongement de l’activité des centrales nucléaires pour financer l’augmentation des économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. " Il s’agit de concilier l’environnement et l’économie, ce qui n’a pas toujours été naturel pour les chrétiens-démocrates ", explique Katharina Reiche, députée CDU.

Top
L’ours | Présentation Europe Ecologie Côte-d’Or
Plan du site | Revue de Web | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
Les Verts de Côte d’Or - 23, rue Saumaise 21000 Dijon