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CM de Dijon du 19 mai 2008

La carte scolaire

Par Philippe DELVALEE

lundi 26 mai 2008

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Mme l’adjointe à la réussite éducative vient de proposer de porter un avis circonstancié sur les mesures de carte scolaire concernant l’enseignement primaire dijonnais et d’exprimer notamment un avis très défavorable sur les suppressions de postes d’enseignants dans plusieurs écoles dijonnaises.

Nous sommes entièrement d’accord avec cet avis très argumenté et nous voulons en profiter pour mieux informer les dijonnais du contexte plus général dans lequel ces suppressions de postes se déroulent.

Des dizaines de milliers de postes d’enseignants ont ou vont continuer à être supprimés dans l’Education nationale (près de 16 000 au cours des cinq dernières années, 91 000 sont programmés au cours des prochaines années).

En termes proportionnels, cela représente 14,26% des effectifs de personnel enseignant du premier et second degré de l’enseignement public qui auront ainsi été supprimés. Soit un enseignant sur sept !

Faut-il en déduire que nous avons donc là, enfin, une politique courageuse qui s’attaque aux sureffectifs et au manque de travail légendaires des personnels de l’éducation nationale ? Ou plutôt que nous avons là le fruit d’une logique purement comptable et d’une volonté politique de casse, de l’enseignement public scolaire ? C’est évidemment la seconde explication qui a notre préférence, et je voudrais en tirer en quelques mots les conséquences.

En ce début de XXIe siècle nous entrons dans une économie fondée sur la connaissance. Contrairement à une idée souvent entendue, une économie fondée sur la connaissance ne peut reposer sur la seule recherche scientifique.

Ce serait en effet vouloir faire tenir une pyramide sur sa pointe. Or une économie et une société fondées sur la connaissance nécessitent un effort éducatif sans précédent afin de permettre à tous les enfants de pouvoir participer à cette évolution.

C’est pourquoi Les Verts n’opposent pas le « qualitatif » et le « quantitatif ». Nous savons que revendiquer seulement « Plus de moyens ! » est insuffisant. Car il nous faut réussir une véritable diversification des méthodes et des pédagogies. Mais qui peut croire un seul instant que cela serait possible uniquement parce que l’on diminue le nombre des enseignants, comme feint de le croire M. Darcos ?

Des travaux d’économistes ont démontré qu’une diminution significative du nombre d’élèves par classe dans l’école primaire surtout a un impact réel sur la réussite éducative des élèves issus des milieux sociaux les moins favorisés.

Car elle permet de soutenir ceux qui décrochent par de vraies séances de soutien, de multiplier les travaux en petits groupes, de personnaliser les parcours de réussite.

Les systèmes éducatifs qui appliquent le mieux ces méthodes sont généralement mieux placés que la France dans les enquêtes qui comparent les performances des systèmes éducatifs (PISA ).

Ils appartiennent souvent aux démocraties sociales nord européennes dans lesquelles les inégalités sociales sont moins fortes. Ces moindres inégalités sociales sont à la fois la conséquence mais aussi la cause de ces meilleures performances du système éducatif. Dans ces démocraties sociales, l’impôt est aussi plus souvent tout à la fois plus élevé et plus progressif (donc plus juste socialement).

A son niveau, notre commune a engagé des efforts financiers importants pour permettre un meilleur accueil des enfants en dehors du temps scolaire. Nous venons d’adopter, par le vote du précédent rapport, le gel des tarifs de la restauration scolaire. Autant d’efforts, y compris budgétaires, qui montrent que d’autres choix politiques sont possibles.

Déclarer la guerre aux enseignants, comme le fait le gouvernement, c’est peut-être atteindre des objectifs budgétaires. Mais c’est tout aussi sûrement empêcher une véritable modernisation du système éducatif qui est pourtant indispensable.

Comme l’écrivait le sociologue E. Durkheim : « On ne décrète pas l’idéal ; il faut qu’il soit compris, aimé, voulu par ceux dont c’est le devoir de le réaliser ».

En décourageant ceux qui sont en charge de l’éducation nationale, messieurs Darcos et Sarkozy rendent à notre pays un très mauvais service.

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