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La BA 102 : fermeture, maintien, devenir du site

Catherine Hervieu, Bruno Louis

jeudi 24 juillet 2008

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Après plusieurs reports, le président de la République devrait dans les prochains jours annoncer sa décision quant au maintien ou non des forces de l’armée de l’air de la Base aérienne 102 de Longvic. La méthode qui aura présidé à la décision, quelle qu’elle soit au final, démontre, sinon l’impréparation du projet global du redéploiement de la politique de Défense, à tout le moins la logique de compétition entre les différentes installations et territoires (« genre je te lâche Luxeuil contre Dijon-Longvic »). Ce qui à l’aune de la défense du territoire national laisse perplexe d’autant que tout cela arrive alors que la France préside depuis le 1er juillet l’Union Européenne. Pour les Verts, c’est justement dans le cadre européen qu’il s’agit de poser la question d’une politique de Défense cohérente permettant l’atténuation des conflits plutôt que leur exacerbation.

Les Verts Côte d’Or marquent leur désaccord avec un éventuel retrait dans les conditions précitées. Car si la politique de Défense Nationale relève du Président et de son gouvernement il eut été judicieux que ceux-ci communiquent les grandes lignes de sa réorganisation au plus près des acteurs concernés. Nous constatons que la droite locale emmenée par ses parlementaires, sait tenir un double discours. Après avoir applaudi des 2 mains toutes les mesures de démantèlement du service public mises en œuvre par le gouvernement depuis un an et de mise en compétition des différentes collectivités, elle s’aperçoit que cela a des conséquences localement et fait mine de s’en émouvoir.

Les Verts Côte d’Or et leurs élus ont toujours dénoncé les impacts négatifs de la base aérienne, maintenant implantée en zone résidentielle et de grande urbanisation : nuisances sonores et environnementales, risques d’accidents. Toutefois, sa fermeture programmée prévue au plus tard en 2020 (cf. les déclarations de Louis de Broissia, de l’Armée il y a encore peu) permettait une réflexion de l’ensemble des partenaires locaux sur le réaménagement de ce territoire. La libération des terrains militaires serait alors l’occasion d’un redéploiement harmonieux et écologiquement responsable de zones d’habitations, commerciales et d’activité économiques et industrielles sur les communes concernées dynamisant cette partie de l’agglomération.

Car si la décision de la fermeture de la base devait se confirmer, il aurait été intéressant d’anticiper ses conséquences sur le tissu économique et social de l’agglomération du fait des fermetures de classe dans les écoles, un renchérissement des difficultés du commerce de proximité et une déstabilisation des communes rurales avoisinantes. De fait, l’Etat se doit d’assumer ses décisions par « un plan d’accompagnement permettant de compenser les préjudices économiques et financiers subis par les communes via un fonds spécifique » tel que le demande l’AMF (Association des Maires de France) pour les maires des communes concernées. D’ailleurs, il semble qu’Hervé Morin, Ministre de la Défense, se soit engagé auprès de l’AMF pour la création d’un fonds de revitalisation. Encore faut-il que ce fonds soit effectivement dédié et suffisamment doté pour permettre aux territoires d’assurer ainsi leur mutation. Dans ce cadre, les Verts Côte d’Or demandent que le Ministère de la Défense s’engage à céder à l’euro symbolique les terrains de la BA 102 ce qui permettrait d’atténuer les conséquences sociales et économiques de la fermeture tout en permettant les conditions d’une reconversion du site selon les besoins de la population.

L’éventuelle fermeture de la base remet, par ailleurs, en lumière la fragilité du projet de développement d’aéroport civil que les Verts Côte d’Or combattent au coté des associations de défense de l’environnement depuis plusieurs années. Le projet « Renaissance » initié par la CCI et financé par l’argent public à des fins économiques douteuses est en effet étroitement dépendant de la présence des militaires. Sans eux au contrôle aérien et à l’entretien des pistes, ce projet devient - est déjà- une aventure commerciale désastreuse.

Face aux enjeux de l’époque : changement climatique, pollution de l’air, raréfaction des énergies fossiles, les déplacements doivent reposer sur des modes doux, collectifs, le moins nuisible en terme de rejets de polluants et de gaz à effet de serre et le moins gaspilleur d’énergies fossiles.

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