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Tranche de vie à la municipalité

Réaction contre le lobbying des Mac Donald’s dijonnais

mardi 8 juillet 2003

Chaque lundi à 17 heures, le groupe municipal majoritaire de Dijon se réunit sous l’égide du Maire, François Rebsamen, pour faire le point sur les dossiers en cours et les orientations à prendre. C’est un moment de travail intéressant qui a le mérite de contribuer à la circulation de l’information au sein de cette équipe. Parfois nous recevons « des personnalités du monde de l’entreprise, du commerce, de la société civile ».
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Le 3 juin, Didier Martin, adjoint PRG au développement économique, au commerce, à l’artisanat et au tourisme, n’était pas peu fier d’auditionner le directeur des restaurants Mac Donald’s de l’agglomération et ses collaborateurs les plus proches.

Ces derniers nous ont présenté leur entreprise de distribution alimentaire Mac Do de façon dithyrambique. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Discours très formaté dont l’objectif manifeste se voulait des plus séduisants auprès des élus.

Cette intervention a duré environ 20 minutes. Le groupe des élus Verts a décidé de réagir à cette audition interne lors du séminaire des élus de la majorité qui s’est tenu le 6 juin. Nous avons distribué à tous nos collègues un document détaillant les pratiques de la filière agroalimentaire Mac Donald’s. En vrac : la nourriture malsaine, l’agriculture et l’élevage intensif, les déchets aberrants que sont les emballages, (le Mac Donald’s de l’université est dispensé de tri sélectif), le markéting publicitaire (plutôt le matraquage), les pratiques envers le droit du travail et la représentation syndicale, la malhonnêteté intellectuelle (Mac Do n’est pas un restaurant).

Nous avons aussi montré que nous étions réactifs sur des sujets sensibles et qu’au nom du partenariat politique et de son équilibre, les Verts n’avaleraient pas de couleuvres « hamburgueurisées » à la sauce Mac Donald’s. !

Voici le texte distribué :

  • Une nourriture malsaine parce que grasse, riche en sucre et en sel. L’Organisation des Nations Unies a encore récemment pointé du doigt ces apports nutritionnels excessifs, aux conséquences sur la santé des populations.
  • Des élevages intensifs.

Mac Donald est le premier utilisateur mondial de Bœuf et le deuxième pour le poulet. Elevés en bâtiments les bœufs, les poulets et les porcs subissent un cycle de vie réduit, que tout être vivant ne devrait pas se voir imposer. Pas de soleil, pas d’air frais, pas d’herbe à brouter ou de grain à picorer….

Mac Donald achète le tiers du cheptel de bœuf en France. Pratiqué depuis de longues années, l’élevage industriel des bêtes nous interroge sur l’utilisation passée de farines animales douteuses. Un autre industriel de la restauration bovine n’a-t’il pas été récemment mis en cause ?

  • Une agriculture condamnée

Pour les salades, le blé, la chaîne de production qui fournit les matières premières au Mac Donald, est issue de l’agriculture très intensive. Le blé produit dans la Beauce, le Centre et le Gâtinais demande des intrants chimiques considérables qui détruisent la faune, la flore et polluent les eaux. Ces intrants agricoles chimiques sont cancérigènes et entretiennent la multiplication des cas recensés dans le monde.

Le distributeur Mac Donald tient sa part de responsabilités des erreurs considérables de l’agriculture moderne promue par la Politique Agricole Commune européenne. Dans les régions céréalières citées plus haut, il n’y a qu’à voir l’état désastreux de la campagne vidée de ses paysans par les concentrations agricoles et les remembrements successifs.

  • Un modèle qui s’étend aux départements préservés

La Société McKey qui fournit Mac Donald en viande bovine se fournit auprès d’éleveurs français et hollandais. Autour de Dijon, la filière Mac Donald étend sa conquête des élevages : Côte d’Or, Nièvre, Saône et Loire, Jura, Allier, Cher, Loire, Puy de Dôme, Ain, Rhône, Indre, Creuse.

Faut-il que ces régions en partie préservées de l’élevage intensif, subissent le même sort que l’Yonne et le Loiret, premiers marchés de Mc Key. Plus de bocages, plus d’animaux en plein air,plus de paysans…

Quant à la viande de porc, elle provient de Bretagne. La Bretagne, enlisée dans son lisier où l’eau comme celle de l’Yonne est à peine potable ! Est-cecela que nous voulons ou allons cautionner ?

  • Des déchets aberrants

A emporter ou sur place, la nourriture distribuée nécessite une quantité considérable de déchets d’emballage qui ne sont pas utilisés plus de 5 minutes. Gobelets jetables, boîtes jetables, sacs et cartons jetables… On les retrouve ensuite dans les poubelles, dans les décharges ou les incinérateurs. Et c’est à nous collectivité d’en assurer l’élimination et à nos contribuables d’en assurer le financement….

  • Des aides publiques pernicieuses

Soumise à une TVA à 5,5 %, la société Mac Donald bénéficie du poids de la diplomatie américaine sur la fiscalité française. Au détriment des restaurateurs locaux et traditionnels qui se plaignent régulièrement de cette concurrence déloyale. Enfin, ceux-ci réclament une baisse de la TVA difficilement envisageable pour les comptes publics et pour la solidarité nationale.

Enfin, la filière industrielle de l’agro-alimentaire bénéficie trop largement des subventions agricoles européennes qui plombent le développement durable en Europe et affament une partie des pays pauvres de la planète.

  • Le markéting publicitaire des Mac Donald s’empare de nombreux espaces publics à l’entrée des agglomérations dévisageant ainsi le paysage urbain parfois au mépris des réglementations.
  • La politique salariale et sociale

Dans le monde Mac Donald emploie des mineurs. La flexibilité du travail est un principe directeur de la gestion managériale des restaurants : contrats à temps partiels pour étudiants en manque de ressources, Contrats payés au minimum légal, équipes restreintes qui obligent à travailler plus vite et plus dur, accidents du travail élevés surtout par brûlures, passage des cuisines aux vides ordures réguliers pour chaque salarié, pas de perspectives d’évolution de carrière pour la grande majorité des salariés et donc pas d’évolution de salaires, peu de licenciement puisque « turn-over » rapide des employés.

Les restaurants Mac Donald sont fiers de la mixité sociale de ses équipes dirigeantes, ouvrières et de sa clientèle. Certes mais nous pourrons objecter que ce sont régulièrement les catégories de populations les plus pauvres qui font les premier les frais de ce qui se fait de moins bien en terme de qualité du travail, de salaires et de nutrition.

  • Dijon est une ville bourguignonne reconnue pour sa gastronomie. Elle ne peut favoriser ce type d’alimentation dépassée, au seul bénéfice d’une multinationale de l’agro-alimentaire !
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