EELV-Côte d'Or EELV-Côte d'Or

Sud-Ouest - 25 août 2008 - Xavier Sota

Optimiser les barrages

VALLÉE D’OSSAU. - Le groupe Suez a un projet d’accroissement de la production d’électricité, par l’augmentation de la puissance installée. Le débat n’est pas tranché

lundi 25 août 2008

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

Onze. C’est le nombre d’ouvrages hydroélectriques qui permettent de produire de l’électricité en vallée d’Ossau. Une technique ancienne qui, à l’inverse du nucléaire, revêt tous les critères du développement durable. Les ouvrages les plus emblématiques sont les barrages installés à Bious Artigue, Fabrèges ou encore au lac d’Artouste à quelque 2 000 mètres d’altitude. En réalité toute la montagne est maillée pour recueillir une partie de l’eau de ses lacs. Le liquide est acheminé dans différentes centrales, qui transforment la puissance de l’eau en électricité. Centrale de Hourat, Miegebat ou celle d’Artouste déploient leurs silhouettes sur les routes qui montent. La production de courant est indissociable de l’histoire de la vallée, qui a trouvé dans cette activité support au développement. Aujourd’hui entre emplois directs et induits, l’électricité représente 70 emplois.

100 000 foyers. À elle seule, la vallée d’Ossau produit 220 mégawatts chaque année. Ce qui représente le quart de ce que produite une centrale nucléaire l’approvisionnement en électricité de 100 000 foyers chaque année. « L’hydraulique est la première source d’énergie renouvelable en France et en Europe », explique Serge Clerens, directrice production de la Shem (Société hydroélectrique du midi). Depuis janvier 2007, la Shem est devenue une filiale d’Electrabel. Une entité qui constitue le branche énergétique du groupe Suez. À la différence des autres sociétés de production électrique, la Shem produit de l’électricité d’appoint, c’est-à-dire une production à la demande. La Shem permet alors d’équilibrer le réseau en cas de hausse subite de la demande d’électricité. « Nous n’avons qu’à ouvrir les robinets de nos barrages », relève le directeur de production. « En France, le potentiel hydroélectrique est exploité à 80-90 % », poursuit-il. Reste donc encore quelques perspectives de développement. C’est précisément cette question qui soulève quelques inquiétudes en vallée d’Ossau. En témoignent les échanges qui se multiplient sur la Toile sur un accroissement de la production en vallée d’Ossau.

Inquiétudes. Une hypothèse qui trouve sa source dans les déclarations de Gérard Mestrallet, PDG de Suez, lors d’une audition en mars 2007 : « Exploitant 11 ouvrages hydroélectriques dans la vallée d’Ossau, la société envisage un renforcement des capacités (plus 100 Mgw) de ces installations et étudie un projet de pompage ascensionnel entre le pont de Camps et le lac d’Artouste. Ces projets représentent un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros. Ils créeront plusieurs dizaines d’emplois », avait-il expliqué. Il y a les pour et les contre dans cette affaire. Les craintes se cristallisent autour de l’édification de nouvelles installations. Or si ce projet doit voir le jour, il devrait rentrer dans les clous de la loi sur l’eau avec une obligation d’intégration paysagère.

Enceinte du Parc. Il y a toutefois deux écueils avant que ce projet ne voit le jour : « Cette extension devra se faire en partenariat avec le Parc national des Pyrénées », note Serge Clérens. Généralement, ce genre de négociation est savamment pesé par la direction du Parc. Autre écueil, il s’agit là d’un investissement lourd et de travaux d’ampleur qui ne devraient pas être bouclés en un claquement de doigt. La Shem possède la concession des usines électriques jusqu’en 2012. À cette date, le marché sera remis en jeu et la Shem ne devrait pas être seule à postuler à sa succession. L’implantation de nouvelles structures de production ne devrait donc pas intervenir à court terme.

Top
L’ours | Présentation Europe Ecologie Côte-d’Or
Plan du site | Revue de Web | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
Les Verts de Côte d’Or - 23, rue Saumaise 21000 Dijon