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Un an après le Grenelle, les associations repartent sur le sentier de la guerre

Par Jade Lindgaard

mercredi 12 novembre 2008

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Alors que le vote à la quasi-unanimité de la loi Grenelle-1 par les députés semblait dégager un parfum d’union nationale, les associations écologistes délivrent une série de cartons rouges au gouvernement. L’Alliance pour la planète, coalition de 80 associations dont Greenpeace, WWF, Les Amis de la Terre, Sherpa..., tire un bilan critique de la politique environnementale de la France, près d’un an après les tables rondes du Grenelle de l’environnement.

Les porte-parole de l’Alliance se sont inquiétés des lacunes de la loi, du retard pris par la traduction législative du Grenelle de l’environnement, mais aussi des concessions faites par Paris pour tenir sa feuille de route européenne, notamment pour les réductions des émissions de carbone. La semaine dernière, lors du conseil européen, l’Italie et la Pologne sont montées au créneau pour dénoncer les objectifs de baisse de consommation de CO2 trop contraignants. La France a accepté que la décision, en décembre, soit prise à l’unanimité des Etats-membres, et non à la majorité comme cela était prévu.

Pour Pascal Hustings, directeur de Greenpeace France, la France aura d’autant plus de mal à imposer une ambition écologique à sa présidence de l’Union européenne qu’elle tarde à voter l’ensemble du dispositif prévu par le Grenelle. Il estime que le rythme de la traduction législative des conclusions du Grenelle est trop « pépère par rapport à l’urgence écologique »

Les sénateurs ne devraient pas examiner la loi Grenelle-1 avant janvier ou février 2009. Une fois voté au Sénat, le texte devra faire l’objet d’une deuxième lecture à l’Assemblée. Ce n’est qu’une fois définitivement adoptée qu’il laissera la place au projet de loi Grenelle-2. Un texte long, technique, et surtout beaucoup moins consensuel, puisqu’il organise les modalités de la mise en œuvre des principes du Grenelle-1.

"Cette loi ne fâche personne"

Parmi les points qui fâchent à propos de la loi Grenelle-1 : l’abandon du volet fiscal, la priorité maintenue de la route au détriment des autres moyens de transport, les insuffisants objectifs de maîtrise de la consommation d’énergie, l’oubli de la santé environnementale, la poursuite des incinérateurs, le regain du nucléaire, l’impossibilité d’interdire une substance dangereuse si elle est autorisée au niveau européen.

« Cette loi ne fâche personne et laisse à l’écart des points importants », regrette Robert Lion, ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignation, président d’Agrisud International. En pleine crise économique, il interpelle le gouvernement et appelle à la convocation d’un Bretton-Woods de l’écologie, ou d’un nouveau sommet de la Terre, tel que celui tenu à Rio en 1992.

Au-delà du devenir du Grenelle, qui recueille aussi quelques approbations, ce sont surtout les difficultés rencontrées par la présidence française de l’Union qui tourmentent les associations : paquet énergie-climat, concessions faites aux constructeurs automobiles sur les émissions de CO2 par les véhicules, limitation de la quantité de CO2.

Quel rôle désormais pour ces associations ? La plupart d’entre elles assument un travail de lobbying auprès des parlementaires en leur suggérant des amendements. Mais pour Pascal Hustings, cela ne suffit plus : « Clairement on est sorti du climat consensuel. Il faut rétablir un rapport de force. » Prochaines échéances : en décembre pour le bouclage du paquet énergie climat européen, et début 2009 pour l’examen de la loi Grenelle-1 par les sénateurs.

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