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Conseil Municipal du 15 décembre 2008

Être des Keynésiens du XXIe siècle...

par Philippe Delvalée

vendredi 19 décembre 2008

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Monsieur le Maire, chers collègues, mesdames, messieurs,

Jour après jour, nous constatons que la crise financière continue de s’étendre et se transforme en une crise économique de très grande ampleur. Cependant, si tout le monde s’accorde pour reconnaître l’ampleur de cette crise, visiblement, nous n’en tirons pas les mêmes conséquences. L’opposition qui vient de s’exprimer en tire, conformément à son idéologie ultra-libérale et productiviste, la nécessité de la fin de l’Etat-Providence. Ce à quoi le gouvernement auquel elle apporte son soutien s’est employé méthodiquement. Cette même opposition propose également de renoncer au tramway pour porter la LINO à deux fois deux voies ! Nous avons les priorités exactement inverses. Dans ce contexte très préoccupant, au nom du groupe des élus Verts, je voudrais formuler une réflexion et rappeler une priorité qui a d’ailleurs été illustrée lors de la présentation des actions conduites et permises par le budget de notre municipalité.

La réflexion est que nous devons continuer (je dis bien continuer) à être économe de l’argent public que nous collectons par l’impôt ou que nous recevons par transfert de l’Etat (transfert de l’Etat malheureusement en diminution comme il a été rappelé). Nous devons d’autant plus être attentifs à cet aspect que d’autres dilapident l’argent qui leur est confié en spéculations éhontées ou en escroqueries monstrueuses. Dernier épisode connu, car il s’agit d’un véritable feuilleton, un éminent courtier de Wall Street qui fut président du Conseil d’administration du NASDAQ, aurait réussi à escroquer des banques (parmi lesquelles BNP-PARIBAS pour 350 millions d’euros, Natixis pour 450) et des fonds d’investissement pour un total de plus de 37 milliards d’euros. Certes, ces banques ou ces fonds ont été pris au mirage de rendements exorbitants qu’ils pensaient voir durer indéfiniment, comme si cela était possible ! Et elles en paient le prix aujourd’hui. Mais à force de voir valser des centaines de milliards, ici pour sauver des banques au comportement hasardeux, ou là pour subventionner certaines entreprises qui prennent prétexte de la crise pour « dégraisser » leurs effectifs à seule fin de pouvoir continuer à servir des dividendes à leurs actionnaires (voir le vœu que nous venons de voter pour le soutien des salariés d’Amora), je crains que les citoyens les plus modestes pour qui chaque euro compte ne finissent par reporter leur colère légitime de manière indistincte sur les « puissants ». « Tous pourris ! », tel pourrait être le cri de ralliement menaçant nos démocraties. A nous donc, je le répète, de continuer à être exemplaires dans l’utilisation des fonds publics.

Cependant être économe ne doit pas nous empêcher d’investir à bon escient. Les collectivités locales représentent 72% des investissements publics et il serait absurde de geler nos dépenses au moment où l’économie est tétanisée par l’inquiétude qui taraude les ménages et les entreprises. Il nous revient donc d’être des keynésiens du XXIe siècle. La priorité est donc de poursuivre et même de renforcer nos efforts pour « faire de Dijon une référence écologique » ; une ville qui doit demeurer « douce à vivre pour tous », en dépit de la crise économique. Cette crise traduit l’épuisement d’un modèle économique qui non seulement exploite les plus faibles, mais tire des traites à vue sur les générations futures en saccageant la planète. Être des keynésiens du XXIe siècle c’est donc utiliser tous les leviers des politiques publiques pour impulser des changements déterminants dans les décisions d’investissement et engager une reconversion écologique de notre économie du plan local au plan mondial. Si notre municipalité ne peut prétendre y parvenir à elle seule, elle peut montrer la direction. C’est ce qu’elle fait d’ailleurs. Mais compte tenu du contexte financier difficile que nous traversons et qui risque de s’aggraver, chaque fois qu’il faudra se résoudre à faire des arbitrages, le critère déterminant devrait être celui de la responsabilité écologique et de la solidarité avec les plus fragiles.

Bien entendu, nous sommes conscients qu’il existe d’autres dépenses que chacun juge indispensables, comme, par exemple, la sécurité qui serait mieux assurée par la vidéo-surveillance (ce dont nous doutons). Ces dépenses, ou d’autres, peuvent être jugées plus ou moins nécessaires. Pour notre groupe, cela ne devrait jamais amener à arbitrer contre l’impératif de solidarité écologique pour lequel nous militons depuis toujours, car c’est en investissant massivement dans les économies d’énergie, les énergies renouvelables, les modes de déplacement collectif et doux, et dans l’habitat collectif accessible à tous que nous donnerons des raisons d’espérer aux citoyens dijonnais, à commencer par les plus fragilisés par la crise économique. Nous affirmons que la reconversion écologique de notre économie doit être la priorité, comme elle doit l’être aux plans régional, national, européen et mondial car elle est porteuse d’espoir, de solidarité entre générations et créatrice de nombreux emplois non délocalisables.


Voir l’intervention de Philippe Delvalée

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