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Conseil Municipal du 2 février 2009

Zéro-pesticide... signature de la charte

Intervention de Christine Durnerin

mardi 10 février 2009

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Monsieur le maire , chers collègues,

La signature de cette charte ponctue une démarche engagée de longue date par le Service des espaces verts et qu’il entend poursuivre : Gestion différenciée, organisation en secteur limitant les déplacements, économies et recyclage des eaux, pas de produits chimiques dans les serres de production, pieds d’arbres et trottoirs enherbés, désherbage thermique etc... Autant d’exemples qui nous inciteraient à penser que la communauté d’agglomération s’est inspirée des pratiques du service pour écrire sa charte. Et nous ne pouvons que nous en féliciter.

Mais restons conscients que la signature de cette charte ne peut être qu’un premier pas dans la prise en compte des problèmes engendrés par la diffusion dans notre environnement quotidien de molécules chimiques néfastes à la santé. Que les collectivités locales se soucient de limiter l’exposition de leurs habitants à de tels produits, nous ne pouvons que nous en féliciter. Mais soyons persuadés que les programmes de type « zéro-pesticides » risquent de se réduire à des effets d’annonces tant qu’ils ne trouverons pas d’autres relais.

Nous souhaitons que Dijon devienne une référence en matière de gestion écologique. Cela passe forcément par des mutations profondes dans nos manières de penser et d’agir et ses mutations se doivent d’être partagées par l’ensemble des habitants.

Car si les services des espaces verts font des efforts certains en la matière, force est de reconnaître que le projet se heurte à quelques freins. Tout d’abord la tolérance de toutes et tous par rapport aux conséquences de ces actions : et oui il nous faudra admettre que le pissenlit, voire l’ortie ne sont pas de mauvaises herbes. D’ailleurs les deux ont leur utilité. Il faudra que les dijonnais acceptent que le végétal sauvage et libre soit plus présent dans leur ville, et que ceci n’a rien à voir avec l’idée d’une ville qui deviendrait négligée. De gros effort de communication et de pédagogie nous attendent. Mais il faudra aussi que les uns et les autres s’interrogent sur leur pratiques culturales. Car tant que les jardineries et autres magasins plus ou moins spécialisés proposeront en vente libre tous ces produits dangereux nos efforts risquent bien de passer inaperçus. Il faudra bien se poser la question d’interdire à la vente ce type de produit qui non content d’éradiquer le pissenlit en profite pour mettre à mal les abeilles et autres insectes... De plus les produits chimiques néfastes à la santé ne concernent pas seulement les phyto-sanitaires : produits d’entretien, produits d’hygiène, peintures, vernis. Ce qui me permet d’évoquer le problème de la qualité de l’air intérieur, problème sur lequel il faudra aussi se pencher sans attendre .Sans oublier tous ces « fonds de pots » qui traînent dans les caves, garages et autres appentis, sources d’accidents de personnes et de pollution de notre environnement. La directive REACH au niveau européen représente une première étape dans une approche autre que mercantile du problème. Osons les mots, la pérennité financière de groupes comme Monsanto ne saurait reposer sur la mise en danger d’autrui par contact avec des produits chimiques. Pour cela nous pourrions porter d’autres projets visant à supprimer les produits « Cancérigènes, Mutagènes et Repro-toxiques » sur le territoire de notre commune. Il me semble que la délibération de ce jour se trouverait complétée par un tel objectif qui se propose d’agir de façon cohérente sur l’ensemble du problème.

Je vous propose donc Mr le Maire et chers collègues d’aller plus loin dans la démarche proposée :

  • en prévoyant de soumettre à notre assemblée la délibération « zéro-C.M.R. »,
  • en se dotant des outils de communication nécessaires à la réussite d’une telle démarche : dépliants, panneaux d’information dans les parcs et jardins etc.... en sollicitant le Grand Dijon pour que soit organisé de façon régulière la collecte des « fonds de pots » de ces produits ainsi que leur élimination.

Pour illustrer mon propos et les dégâts causés par le capitalisme et une économie libérale, je me permettrait de lire quelques lignes de Fred Vargas, dans une assemblée férue de citations littéraires :

« ....Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous » entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit une vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol , ni vu, ni connu. Franchement on s’est bien marrés. Franchement on en a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terres. Certes.... »

ce qui vous est proposé ce soir est un des moyens de corriger cela... Merci.

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