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CONSEIL MUNICIPAL DU 27 JUIN 2011

Rapport n°5 : Budget supplémentaire

Intervention de Catherine Hervieu

mardi 28 juin 2011

Le débat sur les Comptes Administratifs et sur les budgets supplémentaires donnent lieu chaque année à un échange des visions politiques que chacun a de la gestion et du développement d’une ville. Et ce débat nous a encore montré combien notre vision était éloignée de celle de l’opposition qui s’insurge contre la dette, contre les impôts et surtout ose qualifier les événement survenus au Japon en mars dernier, de catastrophe économique, là où nous voyons l’une des pires catastrophes nucléaires - loin d’être contrôlée aujourd’hui - communément appelée Fukushima...
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Monsieur le Maire, chers collègues

Le Budget Supplémentaire proposé est dans la logique du Budget primitif voté en décembre 2010. Il permet à la moitié de l’année un réajustement des affectations en tenant compte entre autre du contexte. Et comme à chaque vote de budgets, tout le monde est attentif au suivi de la dette, chacun de sa position.

L’emprunt un gage de dynamisme territorial ?

Sur la dette en général, il est intéressant de rappeler qu’elle ne date pas d’aujourd’hui, qu’elle s’est peu à peu mise en place à l’époque de St Louis au moment de la consolidation de l’État centralisateur, caractéristique historique de la France, afin de financer les investissements.

Le problème actuel, dont les collectivités font les frais, c’est le désengagement clairement démocratique de toute gouvernance financière et économique. Rappelons-nous : « la fin de l’histoire » véhiculée, dans les années 80 entre autre par Alberto Fujimori, ex-président du Pérou (condamné pour violation des droits de l’homme et détournement de fonds), cette « fin de l’histoire » qui constitue une ponctuation incroyable du processus engagé par des économistes issus de l’école de Chicago porté par le néo-libéralisme et facilité par la mondialisation des échanges.

Pourquoi évoquer cela lors de l’examen du BS ? Parce qu’il nous faut remettre la dette et ce qu’elle signifie à sa juste place. Parce qu’il nous faut tirer les leçons de celles qui n’ont pas été retenues lors de la crise financière de 2008. A ce moment, il était question de remettre tout à plat : chasse aux paradis fiscaux, régulations et transparence des transactions financières. Les États, donc les citoyens ont renfloué les banques sans aucune contrepartie. C’est aussi cela qu’il faut rappeler. Quelle action crédible du président de la République au-delà de quelques prises de position au niveau européen et mondial qui n’ont évidemment rien à voir avec une volonté réelle et un travail de fond concerté à tous les niveaux pour impulser un réel changement ? Le bilan de la présidence française à l’Union Européenne, de ce fait, est complètement négative.

L’analyse des discours sur la dette nous dit en creux sa présentation malhonnête. Comparer le budget d’un pays, d’une collectivité à celui d’un ménage (Ah, la gestion en bon père de famille, on se demande d’ailleurs où sont les bonnes mères de famille gestionnaires ?) consiste ainsi à introduire délibérément de la confusion, car tout cela n’est pas du même ordre. Il faut arrêter de prendre les citoyens pour ce qu’ils ne sont pas.

Tout cela nous permet d’envisager sereinement l’examen de ce BS parce que les résultats du Compte Administratif 2010 montrent une gestion de la dette dans la durée tout à fait maîtrisée, de même qu’un équilibre dans les dépenses et les recettes tenant compte des engagements de la majorité. En même temps, suivre les emprunts et la gestion de la dette presque au jour le jour comme le précise Georges Maglica, c’est tenir compte du contexte décrit plus haut et il faut s’en féliciter.

Les dépenses de personnel : un investissement pour la qualité des services publics

Par ailleurs, par rapport aux dépenses de fonctionnement portant sur le personnel, prenons garde à la dichotomie des approches : d’un côté on note la maîtrise des dépenses de personnel, de l’autre on met en avant les missions spécifiques des services publics locaux de la ville relevant de la petite enfance, de l’éducation, de l’animation socio-culturelle, du 3e et autres grand âge... attendus par la population et correspondant à des besoins. Les personnes qui assurent ces services concourent à la qualité de la vie à Dijon et participent, de fait, à la vitalité économique de la Ville et du Grand Dijon. Trop souvent et on le constate de façon cruciale à l’échelle nationale, c’est la masse salariale qui constitue la variable d’ajustement des budgets au nom du resserrement de la dette. Jusqu’où ? Pour quelle efficacité à terme ? Ce processus comporte des risques de déqualification des personnels, de la perte de savoir-faire et de pratiques qui ne peuvent plus se transmettre et d’une diminution conséquente du dynamisme économique qui en est issu. Les collectivités telles que les Villes et les communautés de communes et d’agglomération doivent y être attentives.

Quelques points particuliers

Plus précisément, certains engagements du BS appellent les remarques suivantes de la part de notre groupe :

  • les 200 000 euros des bornes pour la fermeture de la rue des Godrans. La piétonnisation du centre ville devrait pouvoir se passer de ce type d’équipement, rue par rue, dont l’investissement n’est pas anodin, de même que le coût de fonctionnement.
  • Le relogement des Tanneries est un appui fort de la municipalité dans la reconnaissance de l’animation culturelle et de la démarche auto-gérée du collectif.
  • L’engagement pour les bourses « permis de conduire » : là aussi, on note l’effort important de la Ville pour le soutien à la mobilité des jeunes en quête d’emploi. Toutefois, en cohérence avec les actions les mobilités alternatives développées par ailleurs, il serait judicieux de faire apparaître dans la démarche des soutiens à l’abonnement transport en commun, à l’achat ou la location de vélo.

Le contexte général est complexe au vue des ambitions que la majorité affiche. Gageons et travaillons pour que lors de l’examen du BS 2012 le contexte politique national soit vecteur des changements indispensables des institutions, de la remise en ordre des choses telle que la fiscalité et l’économie au service des hommes et des femmes et prenant en compte l’environnement. Nul doute que cela donnerait de belles marges de manœuvre aux collectivités locales. La nôtre comprise.

Catherine Hervieu

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