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CONSEIL MUNICIPAL du 27 JUIN 2011

Protection du bâtiment de l’ancienne usine Terrot

Intervention de Catherine Hervieu

mardi 28 juin 2011

Ne pas commettre de nouveau le gâchis de l’hôpital militaire Hyacinthe Vincent ou encore des grandes minoteries dijonnaises. Ce rapport a pour objectif de conserver un site de patrimoine industriel dont on connait l’importance pour l’histoire dijonnaise : les anciennes usines Terrot. Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour associer les habitants et les acteurs économiques et culturels du quartier à l’élaboration d’un projet de reconversion. certes, le site appartient à un propriétaire privé, mais la ville n’a-t-elle pas les moyens d’intervenir dans ce sens, afin que le projet réponde aux intérêts des habitants et de l’histoire ?
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Monsieur le maire, chers collègues,

Ce rapport nous montre la volonté de la municipalité de prendre en compte la dimension patrimoniale et historique de certains bâtiments de la ville. De ce fait, nous nous situons dans une autre démarche que celle aboutissant à la destruction de l’hôpital Hyacinthe Vincent, un véritable gâchis, il faut bien le rappeler.

Conserver Terrot pour un passage de témoin

Derrière l’usine Terrot, il y a une histoire industrielle locale et nationale. Il y a également une histoire sociale et la mémoire ouvrière qui en est issue avec des luttes pour les conditions de travail, pour la conservation des emplois : cette usine constitue un passage de témoin pour les dijonnais et dijonnaises d’aujourd’hui.

Maintenir et rénover ce lieu, témoignage de l’histoire dijonnaise, est donc important d’autant que certains pans en ont déjà été effacés : ces dernières semaines, un siècle d’histoire dijonnaise a disparu avec l’écroulement des murs des Grandes Minoteries dijonnaises. J’étais intervenue lors du CM du 14 décembre 2009 pour dire combien l’intégration des bâtiments des anciennes Grandes Minoteries dans la métamorphose du quartier était essentielle. Et que l’une des premières mesures écologistes à mettre en œuvre pour le quartier concerné devait être la prise en compte de l’existant et son insertion dans les constructions nouvelles.

Ne pas faire de Terrot une magnifique coquille vide

La conservation du bâtiment de l’usine Terrot est sans doute plus évidente de par son architecture faite d’acier et de béton armé, de remplissage en brique et sa charpente de type Eiffel.

Toutefois, la vigilance reste de mise : en effet nombre de réalisations de ce type restent décevantes du point de vue patrimonial. Ainsi, à Nantes, la manufacture de tabac conservée, transformée en auberge de jeunesse tant et si bien que plus rien ne permet aux non-spécialistes de reconnaître le passé industriel du site. Ou encore les grands moulins de Pantin, certes audacieux et magnifiquement rénovés, mais dont les spécialistes de l’archéologie industrielle estiment qu’ils ont perdu beaucoup de leur âme : car si la mise en valeur de l’architecture extérieure du bâtiment est manifeste, rien de son ancienne fonction n’apparaît à l’intérieur du bâtiment. Pour le site Terrot, il ne faudrait donc pas qu’il devienne une coquille magnifique mais vide. La démarche d’adapter les usages nouveaux au lieu plutôt que d’adapter le lieu aux usages apparaît alors pertinente. La reconversion doit permettre de conserver l’intégrité du site, de telle sorte que la lecture historique et patrimoniale soit possible et complétement intégrée dans le projet à construire.

Inscrire le projet dans une démarche participative

De plus, cette usine se situe dans un quartier vivant, populaire riche d’activités multiples (commerces, FRAC, cinéma, écoles, lycée, le Consortium, crèche...) : envisager d’y favoriser une centralité vivante via la reconversion de l’ancienne usine est un objectif à la hauteur des ambitions urbanistiques affichées par notre Ville.

Et dans ce contexte, afin de nourrir le projet de reconversion de l’usine pourquoi ne pas passer par l’exercice de la démocratie participative ? Solliciter les habitants, les lycéens, les acteurs économiques et sociaux... leur demander de partager leur vision du site, de ses destinations futures, les associer pleinement à l’élaboration du projet et à celle du cahier des charges évoqué dans le rapport avec l’objectif d’une cohérence de développement du quartier...

La commission de quartier concernée serait le lieu d’échanges et de propositions avec l’appui des services de l’urbanisme, des architectes et des acteurs extérieurs ayant contribué à des projets vivants similaires en lien avec la démarche de démocratie participative.

Catherine Hervieu

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