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CONSEIL MUNICIPAL du 12 MARS 2012

Rapport n°4 : carte scolaire. Avis sur les mesures applicables à la rentrée 2012

Intervention de Catherine Hervieu

jeudi 15 mars 2012

De 8 fermetures de classes annoncées en janvier, la ville subira 3 fermetures. Mais ce faisant, les 158 élèves supplémentaires n’ont pas été pris en compte et les postes sensibles pour les aides aux enfants en difficultés et handicapés ont été la variable hypocrite et pratique du gouvernement...
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Monsieur le Maire, chers collègues

Nous voilà à émettre un avis qui s’est ritualisé au cours des décennies. Or cette année, l’avis sollicité arrive dans un contexte de bilan. On n’est plus là dans l’actualité type marronnier.

Car monsieur le Maire, chers collègue, c’est un bilan désastreux pour l’ensemble de l’Éducation Nationale, des familles et des enfants qui préside à la carte scolaire. On peut toujours souligner que de moins 8 postes annoncés en janvier, la ville subira un déficit de 3 postes mais comme les critères ont de nouveau été triturés pour éviter de prendre en compte le solde de + 158 élèves d’une part, et que les postes sensibles pour les aides aux enfants en difficultés et handicapés ont été la variable hypocrite et pratique du gouvernement, on mesure l’ampleur des dégâts ainsi générés.

C’est le bilan de la Réforme Générale des Politiques Publiques dans le champ de l’Éducation qui se discute en ce moment au sein des conseils municipaux. Savoureuse la RGPP ! La modernité promise ! Encore aura-t-il fallu s’entendre sur ce qu’on entend par « modernité » !

Qu’on en juge : fermer des classes et des écoles, amoindrir la formation des enseignants, fragiliser l’enseignement spécialisé,

C’est encore casser les pratiques professionnelles construites peu à peu selon une approche purement comptable au prétexte des équilibres budgétaires .

C’est fragiliser les parcours éducatifs et scolaires de centaines de milliers d’enfants, laisser leurs parents encore plus seuls et désemparés.

C’est ramener l’acte d’enseigner à un acte technique comme si les élèves étaient des objets et les enseignants gaveurs de ces « objets »

En fait, la RGPP c’est le démantèlement des services publics : voilà le constat très concret. La RGPP sous couvert d’équilibre des finances publiques traduit délibérément qui sont les vraies variables d’ajustement des orientations libérales.

Et à l’Éducation Nationale, comme dans d’autres secteurs d’ailleurs, c’est ravageur : comment éduquer et enseigner (car les 2 sont liés) avec des effectifs de plus en plus pléthoriques ? Comment accueillir les enfants handicapés dans ces conditions qui mettent la loi de 2005 en porte à faux ? Comment assurer une qualité d’enseignement digne du 6e pays le plus riche de la planète ? Comment préparer au mieux les jeunes générations au futur complexe que nous pressentons et même prévoyons ?

C’est clairement la place de l’Education dans la société qui est posée. C’est clairement la destruction de l’école, de ce qui faisait son compromis dans la société qui est à l’oeuvre.

Que veut-on ?

Une société qui fait de l’éducation une affaire privée renvoyée à chacune des familles selon ses moyens ? Avec un pauvre chèque éducation à la clé ? L’individualisation des parcours dans une logique purement consumériste ?

Une société qui porte un projet éducatif structurant basé sur les valeurs de solidarité, de justice sociale et d’égalité et basé les conventions des Droits des enfants ? Une éducation apaisée pour une société émancipatrice ?

Est-ce que la richesse issue de l’Éducation de qualité des enfants doit être chiffrée de façon sonnante et trébuchante ? Est-ce qu’on saura jamais le faire ?

Par contre, nous savons tous que les enfants mal ou non scolarisés, mal ou non accompagnés tout au long de leur éducation et formation deviennent un problème posé à l’ensemble de la société.

A Dijon, la suppression cumulée des postes depuis des années organise la pénurie et le dysfonctionnement -n’ayons pas peur de le dire- de la scolarisation, renforcée aussi par la réforme de la formation des professeurs des écoles : enseignants malades non remplacés, turn-over important des enseignants dans les classes, dégradation des services psycho-pédagogiques et de soins du fait, entre autre, de la suppression des postes d’enseignants spécialisés dans le handicap et la grande difficulté scolaire, du démantèlement des Rased.

Que peut la Ville pour ses écoliers dans ce contexte de fin de bilan – j’allais dire de règne- ?

Nous venons de voter les taux. Une partie des impôts locaux sont dédiés aux élèves dijonnais de même que dans le fonctionnement important des écoles : rénovation des bâtiments, matériel informatique, restauration, animation péri-scolaire... La qualité de l’accueil des écoliers dijonnais dans le cadre de ses compétences doit être maintenue par la Ville. De telle sorte que le renouveau espéré permette la réparation des dégâts le plus rapidement possible et la réappropriation de l’Éducation par l’ensemble de la société.

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