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VALDUC, secret défense

Réunion de la SEIVA du 22 octobre 2012 à Salives

mercredi 31 octobre 2012

La SEIVA est une association d’échanges et d’informations sur le Centre d’Etudes Atomiques de Valduc. Celui-ci émane du "secret défense" de l’Armée. Le Collectif Sortir du Nucléaire 21 dont fait partie ELLV21 était présent à cette réunion suite à laquelle il a écrit le communiqué ci-dessous.
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Salives : ogives & mésinformation "La vie est une histoire se terminant toujours mal" ! « La vie est une histoire se terminant toujours mal » C’est par ces mots que le sénateur-maire Alain Houpert, lundi 22 octobre à Salives, a conclu la soirée d’information consacrée à la gestion du risque nucléaire et à la radioprotection au centre CEA de Valduc. Une soirée proposée par la Structure d’échange et d’information sur Valduc (SEIVA) avec la participation de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Valduc, en présence de la Préfecture de Côte-d’Or. Nous, membres locaux d’associations et de partis investis dans les questions sociales et environnementales, ne pouvons que nous inquiéter de cette étonnante légèreté à l’issue de cette soirée, qui voulait a contrario rassurer. Force fut de constater, après les exposés respectifs des deux intervenants (Monsieur Didier Champion, Directeur de la crise à l’IRSN, et Monsieur François Bugaut, Directeur du CEA Valduc), que la transparence n’est toujours pas de mise concernant l’atome. En effet, derrière le "secret défense", on ne peut avoir de réponses sur les risques spécifiques liés aux activités du centre, sur la circulation des véhicules transportant les produits radioactifs, sur la gestion et le stockage des déchets radioactifs. Par ailleurs, après plus de 50 ans de présence du CEA, n’est-il pas temps de conduire des enquêtes épidémiologiques indépendantes auprès des populations ? Les réponses évasives, embarrassées ou visant à couper court, telle l’intervention de monsieur Houpert (évoquant le caractère multifactoriel des cancers et, donc, la fragilité de la vie) pour justifier l’absence d’étude épidémiologique approfondie dans la zone de proximité du Valduc, ne peuvent satisfaire notre exigence de transparence démocratique. Nous invitons tout citoyen à solliciter auprès de la SEIVA un compte rendu de cette réunion, et, le cas échéant, à se mobiliser pour permettre une véritable information sur les activités du centre et leurs conséquences sanitaires. Le Collectif Sortir du Nucléaire Côte d’Or rassemble Les Alternatifs 21, Attac 21, Alliance Ecologiste Indépendante, CAP 21, Combactive, Dijon-ecolo.fr, Europe Ecologie Les Verts 21, La FASE 21, Greenpeace 21, le MAN 21, le NPA 21, Le Parti de Gauche 21, Sud Rail Dijon, Les Amis de la Terre Côted’Or, des adhérents du Réseau Sortir du Nucléaire et des citoyens soucieux de leur environnement

Pour découvrir le collectif Sortir du nucléaire Côte d’Or : http://www.sdn21.org/ contact : collectifsdn21 yahoo.fr


Complément au communiqué de presse Extraits du débat : Les voies de transport des matières radioactives ne sont pas connues ? Réponse : les véhicules transportant les produits radioactifs évitent les centres villes. Qu’en est-il des bourgs ruraux ? Question d’un encadrant de collège : il n’y a pas d’exercices de simulation d’accident nucléaire dans les collèges ? Réponse : les enseignants et encadrants sont juste invités à confiner les enfants dans les locaux. On pouvait espérer une réponse plus complète. Pourquoi des stocks de pastilles d’iode ont été remis localement ? Réponse : ce n’est pas pour les risques liés à Valduc, le centre ne rejette pas d’iode radioactif (seul fait des centrales nucléaires) mais rejette seulement du tritium. Les pastilles en question sont stockées pour l’éventualité d’un accident nucléaire à la centrale de Nogent-sur-Seine, à plus de 150 km de là. Qu’en est il des déchets radioactifs du centre de Valduc ? Réponse : le centre a cessé de déposer des boues radioactives dans la décharge de Pontailler-sur-Saône. Nous voilà rassurés ! Et qu’en est-il de la dépollution de la décharge de Pontailler ? Il a été évoqué à plusieurs reprises par l’assistance l’étude épidémiologique publiée en 2000 par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) sur la population dans un rayon de 16 km autour du centre Valduc, qui a fait l’objet de critiques sérieuses, notamment le fait de ne retenir que les cas de cancers suivis de mortalité, et non l’ensemble des cas de cancers. Pour en savoir plus, lire l’article en page 7 du bulletin Savoir et comprendre n°10 de la SEIVA, téléchargeable sur http://www.seiva.fr/nostravauxbulle... Durant la soirée, l’IRSN reconnaissait qu’une étude sur un territoire concentrique autour de Valduc était inadaptée, car non calée sur le territoire de dispersion du tritium. L’IRSN remet donc en cause l’approche de l’INSERM. A la demande d’une nouvelle étude épidémiologique, il est répondu qu’il est très difficile d’évaluer le rôle des éléments radioactifs parmi tous les facteurs autres susceptibles de déclencher un cancer ; les causes sont multifactorielles et les études aux interprétations délicates. En clair, aucune étude n’est annoncée. Ce manque d’ambition exprimé par l’IRSN, presque revendiqué par le sénateur-maire, qui en appelle à la seule confiance envers le centre de Valduc, est regrettable, et même choquant vis à vis des populations riveraines du centre de Valduc. Etait-ce ironique ou déplacé : M Houpert rappelait à l’assistance qu’une radiographie médicale était le premier facteur d’irradiation du citoyen… en oubliant que les radiographies médicales, on choisit de les faire en vue d’être diagnostiqué et soigné et l’on n’en fait pas chaque année ! Enfin, le tritium émis dans l’atmosphère, les citoyens ne choisissent pas de l’ingérer… Le sujet est large et n’aura pu être évoqué totalement, avec le constat énoncé par les organisateurs de la soirée : il n’y a pas partout de registre des cancers permettant une étude approfondie. L’assistance s’est réservé alors l’expression de l’ironie : ce que l’on peut faire pour le permis de conduire à points, on ne peut le faire pour la santé humaine ? Où est la volonté politique et administrative ? M Houpert et la préfecture ont bien manqué de répondre. Quant au directeur du CEA, il évoque les faibles effectifs de la population locale, limitant les possibilités d’étude ! alors qu’un périmètre d’étude approprié reste toujours à définir (cf. supra). Ayons confiance, dans le pays le plus densément nucléarisé au monde et sous-doté en outils de suivi épidémiologique solides. Le CEA nous évoque des rejets de tritium très limités, à 1 gramme par an, forme de communication bien moins anxiogène que celle évoquant la radioactivité émise par le tritium (mesurée en Becquerels). On nous annonce que le rejet va passer à 5 grammes par an (info SEIVA, septembre 2012). Lisons la dernière lettre d’information de la SEIVA, de septembre 2012. Beaucoup de sources d’information y manquent, faisant d’elle un document foncièrement insuffisant en matière d’origine qualifiée des données citées. Que dire de passages tels que ceux concernant les décharges de matières non radioactives du centre. En page 3 de la lettre téléchargeable sur le site de la SEIVA : http://www.seiva.fr/nostravauxbulle...;: « suite à un effondrement de la route en 1994 ou 1995, des fûts vides de couleur noire ont été déterrés de la décharge n°4 » : on n’en sait pas plus, que contenaient-ils ? On nous écrit que cette décharge comme d’autres font l’objet d’une surveillance particulière : certes, mais comment un centre aussi sérieux pouvait découvrir en son sein des fûts au contenu inconnu ? Et ce n’est pas tout : « de plus la décharge n°6 a fait l’objet d’un examen radiologique et d’un nettoyage à la suite de la découverte de fûts jaunes qui se sont révélés être faiblement contaminés par du tritium et du plutonium » !? « Le directeur du CEA Valduc assure qu’un travail va être réalisé afin de garantir une bonne surveillance de ces décharges ». Il serait temps.
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